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Mélodie Jaillette : “l’Opéra, une grande maison où il fait bon travailler”

©BenjaminRedcatcity

Mélodie Jaillette, chargée de communication et des éditions papiers à l’Opéra de Rouen Normandie, nous parle de son métier et des actions mises en place pour ouvrir le monde de l’opéra au plus grand nombre. 

Tout d’abord, quel est votre parcours ?

J’ai d’abord étudié dans le secteur socio-culturel. J’ai un peu cherché ma voie avant de me former à la communication en 2013 en faisant un BTS puis une licence professionnelle en alternance. J’ai travaillé au théâtre de la ville de Rouen, le Hangar 23 qui maintenant s’appelle L’Étincelle, puis dans des associations d’éducation populaire, les Ceméa et les PEP76. Une fois diplômée, j’ai travaillé pour le festival Terre de Paroles pendant six mois en tant que chargée de communication. C’est un festival autour du spectacle vivant et de la littérature. Puis en septembre 2018, j’ai commencé à travailler à l’Opéra de Rouen.

En quoi consiste votre métier à l’Opéra ? 

Je suis chargée de communication et des éditions papiers. Au sein d’une équipe de communication de cinq personnes, je suis en charge du suivi de la réalisation des supports imprimés (affiches, brochures, programmes de salle…). Sur ces documents je travaille à la fois sur la partie création en interne ou en collaboration avec l’agence de graphisme, mais aussi avec des rédacteurs notamment sur les programmes de salles. Je suis également en charge du suivi de l’impression et d’une partie de la diffusion (notamment sur le mobilier urbain ou les insertions presse).

© designgraphiquebelleville

Rencontrez-vous des difficultés particulières dans votre métier ? 

La principale difficulté c’est le timing ! On est en bout de chaîne donc on a des délais assez serrés, il faut être très vigilants, surtout quand il y a des modifications de dernière minute, car une fois que c’est imprimé on ne peut plus rien toucher. C’est un poste où il faut être méticuleux, efficace et organisé. C’est ce qui fait aussi que j’aime ce travail !

Quels sont vos rapports avec le monde de l’Opéra ? 

Je ne viens pas particulièrement de ce milieu. À la base je suis plus proche des musiques actuelles ou d’autres facettes du spectacle vivant. La première fois que j’ai vu un opéra , j’avais treize ans, c’était Aida de Verdi. j’ai été fascinée par les décors, les costumes, la beauté de la musique mais j’avais quand même cette image de l’opéra assez élitiste. En y travaillant, on se rend compte que ce n’est pas du tout le cas. Ce qui est intéressant c’est de voir l’envers du décor, des centaines de personnes travaillent pour que la magie opère. Il y a une foule de métiers, de savoir-faire, des gens venant de tous horizons, c’est ça qui est vraiment magique.

Quel public ciblez-vous ? 

On a un socle d’abonnés fidèles et des spectateurs plus occasionnels. Notre but est de leur donner envie de revenir et d’attirer un public qui n’a jamais poussé les portes de l’Opéra. On cible notamment les familles en essayant de sensibiliser les enfants à la musique dès le plus jeune âge. On vise aussi les étudiants, les jeunes de moins de trente ans. Cela se traduit à la fois sur la programmation avec, par exemple, des spectacles adaptés aux enfants comme nos concerts « Musique et doudou » pour les 0-4 ans, mais également sur la politique tarifaire avec des places d’opéra accessibles à 10 voire 5 € pour les étudiants et les bénéficiaires des minimas sociaux. Au niveau de la communication et notamment dans les programmes de salle, on s’attache à avoir un discours accessible à tous, pour que chacun puisse appréhender le spectacle même sans avoir un bagage « classique », tout en gardant un contenu de qualité. On donne toutes les clés pour comprendre les œuvres.

© Mélodie Jaillette

On a souvent le stéréotype de l’opéra trop élitiste, comment procédez-vous pour changer cette image ?  

Cette image existe pour plusieurs raisons. Monter un opéra ça coûte beaucoup d’argent, il y a les décors, les chanteurs, beaucoup de gens gravitent autour, donc on croit que les places vont être très chères mais en fait les prix sont vraiment accessibles, surtout en province (entre 10 et 60 € environ à Rouen). Il y a aussi les codes de l’opéra véhiculés par les films où l’ont voit des gens sur leur trente et un pour assister au spectacle, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. De plus, les opéras sont des bâtiments assez imposants, il y a ce côté sanctuaire qui peut intimider. Notre travail c’est également de faire en sorte que notre “maison” ce soit celle de tous. On met en place des actions pédagogiques auprès des écoles. On vient de faire par exemple “la Malle des coulisses” qui permet d’étudier les costumes, les décors ou encore l’orchestre en classe. Les élèves viennent visiter l’opéra, voient des spectacles… Il y a aussi des actions culturelles comme des répétitions ouvertes, des rencontres avec les artistes, ou encore des ateliers comme le “club des sortilèges”. Pendant que les adultes voient le spectacle, les enfants font un atelier autour de celui-ci. Ils peuvent ainsi échanger en famille autour de l’opéra mais avec différents regards. On a beaucoup d’actions culturelles pour tous les âges.

Pourquoi avez-vous choisi de travailler dans cet opéra ? 

Au-delà du poste, ce qui m’a beaucoup plus dans cette structure, c’est le dynamisme et le projet d’ouverture qui est porté par sa programmation, ses actions et son lien au territoire. On n’essaie pas seulement de faire venir le public dans nos locaux, mais aussi d’aller au plus près des personnes. L’Orchestre joue beaucoup en région et se déplace dans les écoles, au CHU, en prison… C’est une grande maison où il fait bon travailler.

Propos recueillis par Lisa Behot 

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