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Nassim Baddag, danseur : “la clé, c’est la sincérité”

©Dunstan Olasz

Nassim Baddag, 20 ans, danseur, nous parle de son expérience et de sa vision de la danse : au centre de son art, l’expression corporelle, utiliser son corps pour passer des messages.

D’où vous vient cette passion pour la danse ? Comment cela a-t-il évolué au cours des années ?  

À la base cela vient des spectacles que je voyais dans la rue. Quand j’étais petit j’étais surtout touché par l’esthétique, j’observais des gens faire des belles choses et je voulais faire pareil. J’ai commencé en primaire mais ce n’était pas sérieux. C’est fin collège et en arrivant au lycée que j’ai commencé à vraiment travailler, à m’interroger sur ce que je voulais faire après le bac. Mes parents ont eu un peu peur au début mais en voyant les heures que je passais à m’entraîner ils ont compris. Après avoir eu mon bac, j’ai essayé de faire une fac de médiation culturelle mais j’ai vite arrêté : ce que je voulais, c’était être danseur.

Dans votre apprentissage, quelle est la chose qui vous a fait le plus avancer ?

En évoluant dans la danse, on prend une certaine maturité. J’arrive de plus en plus à prendre du recul sur ce que je fais. Aujourd’hui je peux dire si un mouvement n’est pas intéressant, ou si au contraire il faut que je le garde ; cette prise de conscience, de ce qui important et de ce qui ne l’est pas m’a servi dans pleins d’autres situations.

© Jean-Marie Chabot

Qu’est-ce qui est le plus important dans la danse à vos yeux ?

La clé, c’est la sincérité. Un regard peut plus te toucher qu’un salto-arrière et cela passe par une prise de conscience de son corps, de l’espace qui nous entoure. Chacun a sa méthode de faire et doit adapter qui il est avec une recherche de ce qui lui correspond. J’ai pas envie d’être frustré dans ce que fais, j’essaie de toujours faire ce dont j’ai envie sans jamais me mentir à moi-même, pour moi c’est la première la règle.

Qu’est-ce qui a influencé votre danse ? Est-ce que vous pensez que votre style va encore beaucoup évoluer ?

Clairement. Si ça se trouve dans dix ans je ne ferai pas du tout les mêmes mouvements que je fais maintenant. Le vrai plaisir que je ressens aujourd’hui c’est avec le sol et cela vient de mes débuts en breakdance. Quand je commence un entraînement je m’allonge par terre, parce que c’est là que tout se passe. On peut se blesser, mais c’est important, les douleurs sont normales et elles aident parce que cela fait partie du contrat.

© Frédéric Pieterson

Quelle est la chose dont vous êtes le plus fier de votre parcours ?

Sans hésiter, la première représentation de la pièce que j’ai écrite avec mon pote Simon Coulon, Koudeta, au Théâtre 12. Pendant plusieurs mois on a pris des cours à l’A. I. D, mais les journées étaient super longues. On enchaînait 8h – 17h00 et le soir on allait s’entraîner pendant deux ou trois heures. Ça a commencé à devenir difficile et on a séché quelques cours du matin mais l’administration n’a pas trop aimé. Après quelques embrouilles on a décidé d’écrire notre propre pièce, on est partis de là. La formation professionnelle nous a dit qu’il y avait des codes et nous on était pas d’accord, donc on a écrit Koudeta. La prise de pouvoir, sur scène, face au public. On était à fond à ce moment-là, la directrice avait même accepté qu’on joue la pièce pour la fin d’année, mais du jour au lendemain, j’ai eu l’appendicite. Je suis parti à l’hôpital, opération, et pendant un mois je ne pouvais plus bouger. Après ça j’ai travaillé encore plus parce que je savais que tout pouvait s’arrêter en une seconde. Je suis retourné à la formation professionnelle mais les gens ont commencé à me prendre la tête et ça me mettait des bâtons dans les roues, donc je suis parti, et plus de nouvelles depuis.

Au même moment il y avait une scène ouverte qui se préparait au Théâtre douze. On est allés leur parler, et on a pu jouer notre pièce. C’est mon plus beau souvenir sur scène.

Nassim Baddag et Simon Coulon

Quels sont tes projets pour les mois ou les années à venir ?

Pour l’instant ce qui m’intéresse c’est d’aller toujours plus loin avec ce que j’ai. Il y a la compagnie que j’ai créée, et je veux savoir jusqu’où je peux aller avec ma pièce. Je veux acquérir plus d’expérience aussi, essayer de rejoindre des troupes ou de travailler sur différentes pièces, tant que je prends du plaisir et que je m’épanouis c’est ce qui importe.

Plus d’infos sur la page Instagram de Nassim.


Propos recueillis par Zacharie Mouillon

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