0 Shares 1480 Views

    Petits crimes conjugaux : plongée dans les méandres du couple au Théâtre Rive Gauche

    22 décembre 2016
    1480 Vues
    PETITS CRIMES CONJUGAUX3

    Petits Crimes conjugaux

    De Eric Emmanuel Schmitt

    Mise en scène de Jean-Luc Moreau

    Avec Fanny Cottençon, Sam Karmann

    Jusqu’au 31 décembre

    Du mardi au samedi à 21h, matinée le dimanche à 15h30

    Tarifs : de 21 à 33 €, avec des offres découverte jusqu’au 14 juillet

    Réservation en ligne
    ou au 01 43 35 32 31

    Durée : 02h00

    Théâtre Rive Gauche
    6, rue de la Gaité
    75014 Paris

    M° Edgar Quinet
    (ligne 6)

    www.theatre-rive-gauche.com

    Jusqu’au 31 décembre 2016

    Au Théâtre Rive Gauche, un couple d’assassins nous entraîne dans ses méandres, entre vérité et mensonge, amour et haine, rires et larmes.

    PETITS-CRIMES-CONJUGAUX-2Gilles, amnésique après un accident, se redécouvre de la bouche d’ une charmante femme qui prétend être la sienne…mais dans cette vie de couple que celle-ci lui dépeint, quelque chose dissone. Le tableau n’est-il pas trop parfait ? Où est la vérité ? Comment distinguer le vrai du faux, et comment déméler l’amour de la haine, les qualités des défauts de chacun ? Ne sont-il pas indiscociables ? Tel le héros d’un polar, il mène l’enquête. Y a-t-il bien eu crime ? Et si oui, lequel ou lesquels ?

     

    Zones d’ombre et perspective

    La pièce débute comme une comédie et s’enfonce dans les méandres du drame. Des vérités cachées derrière des mensonges, derrière d’autres vérités, incrustées dans le mobilier même de leur appartement, surgissent, reprennent peu à peu leur place, apportent relief et perspective à ce décor si lisse en apparence. 

     

    Un regard qui fait du bien

    J’avais apprécié, à la lecture, la pièce d’Eric Emmanuel Schmitt. La construction efficace, rythmée, l’intrigue ponctué de rebondissements variés et d’ 

    aphorismes, relevée d’un humour piquant, frayent une réflexion sur le couple. Le regard sans illusions, parfois noir, cru sur le couple s’avère pourtant compatissant et optimiste, bienveillant, aimant ; humain en somme. Entre ce désenchantement cynique ambiant qui ronge la société et cette sauce artificielle, promesse de bonheur idéal, au marketing “Walt Disney” qui en inonde les plaies, tel un baume protecteur, ce regard a le mérite d’être posé. Et il fait du bien.

     

    Alors que quelques temps longs relâchent parfois la tension, nous déporerons également un manque d’enjeux dans l’interprétation des comédiens lors des premières scènes. Si l’amnésie représente un choc pour la victime et son entourage, le début de la pièce, installé dans un ton léger de la comédie, m’a alors un peu laissée sur ma faim. Sans faire de cette pièce un drame, la comédie aurait gagné en profondeur si les comédiens avaient alors également joué la détresse d’un couple perdu et sans repères. Ce terrain d’exploration riche semble avoir été un peu laissé de côté. Cependant, par la suite, les comédiens dévoilent leurs autres facettes, leurs souffrances ; les personnages gagnent en épaisseur. Malgré ces petits impairs, le spectacle est donc réussi. A déguster seul ou accompagné, en couple, de préférence.

    Jeanne Rolland

     

    Quelques citations :

    « Notre société est devenue tellement douillette qu’elle tente de médicaliser le conscience mais elle ne parviendra pas à nous guérir d’être des hommes ».

    [Crédits Photo 1, 2 : ©Fabienne Rapeneau ]

    En ce moment

    Articles liés

    « Des hommes endormis » : une fable étrange en quête de couples mouvants
    Spectacle
    191 vues

    « Des hommes endormis » : une fable étrange en quête de couples mouvants

    Au Théâtre de l’Athénée Louis-Jouvet, Ludovic Lagarde met en scène l’une des dernières pièces de l’auteur anglais Martin Crimp, qui radiographie avec un humour acide et une lucidité poétique la dérive affective de deux couples de générations différentes. Christèle...

    “Matisse. 1941–1954” : les dernières années de carrière d’Henri Matisse au Grand Palais
    Agenda
    208 vues

    “Matisse. 1941–1954” : les dernières années de carrière d’Henri Matisse au Grand Palais

    Dans la lumière éclatante de ses dernières années, Matisse invente un nouveau langage : celui des formes découpées et de la couleur pure. Plus de 300 peintures, dessins, livres et gouaches découpées retracent, entre 1941 et 1954, le parcours...

    “Les brothers & les sisters” : une épopée familiale et poétique au Théâtre NOC 42
    Agenda
    192 vues

    “Les brothers & les sisters” : une épopée familiale et poétique au Théâtre NOC 42

    Il était une fois une famille avec beaucoup d’enfants. Ils habitaient Vitry, ils n’allaient pas à l’école et les plus grands s’occupaient des plus petits. Un jour, le plus grand d’entre eux, Ernesto, découvre un livre. Il ne sait...