Petits crimes conjugaux : plongée dans les méandres du couple au Théâtre Rive Gauche
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Petits Crimes conjugaux De Eric Emmanuel Schmitt Mise en scène de Jean-Luc Moreau Avec Fanny Cottençon, Sam Karmann Jusqu’au 31 décembre Du mardi au samedi à 21h, matinée le dimanche à 15h30 Tarifs : de 21 à 33 €, avec des offres découverte jusqu’au 14 juillet Réservation en ligne Durée : 02h00 Théâtre Rive Gauche M° Edgar Quinet www.theatre-rive-gauche.com |
Jusqu’au 31 décembre 2016 Au Théâtre Rive Gauche, un couple d’assassins nous entraîne dans ses méandres, entre vérité et mensonge, amour et haine, rires et larmes.
Zones d’ombre et perspective La pièce débute comme une comédie et s’enfonce dans les méandres du drame. Des vérités cachées derrière des mensonges, derrière d’autres vérités, incrustées dans le mobilier même de leur appartement, surgissent, reprennent peu à peu leur place, apportent relief et perspective à ce décor si lisse en apparence.
Un regard qui fait du bien J’avais apprécié, à la lecture, la pièce d’Eric Emmanuel Schmitt. La construction efficace, rythmée, l’intrigue ponctué de rebondissements variés et d’ aphorismes, relevée d’un humour piquant, frayent une réflexion sur le couple. Le regard sans illusions, parfois noir, cru sur le couple s’avère pourtant compatissant et optimiste, bienveillant, aimant ; humain en somme. Entre ce désenchantement cynique ambiant qui ronge la société et cette sauce artificielle, promesse de bonheur idéal, au marketing “Walt Disney” qui en inonde les plaies, tel un baume protecteur, ce regard a le mérite d’être posé. Et il fait du bien.
Alors que quelques temps longs relâchent parfois la tension, nous déporerons également un manque d’enjeux dans l’interprétation des comédiens lors des premières scènes. Si l’amnésie représente un choc pour la victime et son entourage, le début de la pièce, installé dans un ton léger de la comédie, m’a alors un peu laissée sur ma faim. Sans faire de cette pièce un drame, la comédie aurait gagné en profondeur si les comédiens avaient alors également joué la détresse d’un couple perdu et sans repères. Ce terrain d’exploration riche semble avoir été un peu laissé de côté. Cependant, par la suite, les comédiens dévoilent leurs autres facettes, leurs souffrances ; les personnages gagnent en épaisseur. Malgré ces petits impairs, le spectacle est donc réussi. A déguster seul ou accompagné, en couple, de préférence. Jeanne Rolland
Quelques citations : « Notre société est devenue tellement douillette qu’elle tente de médicaliser le conscience mais elle ne parviendra pas à nous guérir d’être des hommes ». [Crédits Photo 1, 2 : ©Fabienne Rapeneau ] |
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