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Pierre Santini et Jean-Pierre Kalfon : « On a les mêmes exigences !»

17 juillet 2014
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Pierre Santini et Jean-Pierre Kalfon : « On a les mêmes exigences !»

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Pierre Santini et Jean-Pierre Kalfon ont le même âge et un parcours artistique émaillé des plus belles rencontres, couronné par de nombreux prix et distinctions. En ce moment et jusqu’au 27 juillet au Théâtre La Luna à Avignon, ils jouent « Fratricide », la rencontre de deux frères que tout oppose mais qui sont réunis dans le bureau d’un notaire pour la lecture du testament de leur père mort. C’est la première fois que les deux comédiens jouent ensemble et le spectacle ressemble à un match de ping-pong verbal dont les balles assassines agissent comme des révélateurs de la vie des personnages. Un thriller passionnant et haletant écrit par Dominique Warluzel, mis en scène par Delphine de Malherbe, repris au Poche Montparnasse à Paris à partir du 4 novembre.

Dans « Fratricide », les rôles des deux frères semblent avoir été écrits sur mesure pour vous. Comment avez-vous découvert la pièce ?

Pierre Santini : C’est le producteur Pascal Legros qui nous a réunis pour une première rencontre pour nous présenter la pièce, ce qui était une très bonne idée car nous sommes issus du même creuset et avons suivi la même formation chez Charles Dullin.

Jean-Pierre Kalfon : A cette époque, l’école de Dullin était dirigée par Jean Vilar. Tous les acteurs du TNP étaient là : Alain Cuny, Georges Wison, Jeanne Moreau, Jean Pierre Darras…. C’est là que nous nous sommes connus mais on ne s’était jamais retrouvé depuis. Aujourd’hui, on se retrouve comme si on avait 18 ans, ravis de se redécouvrir après avoir fait carrière chacun de notre côté. On avait chacun envie de se revoir et finalement on se rend compte qu’on a les mêmes exigences.

Fratricide_BD_2Y a t-il une « méthode » que vous avez acquise ?

Jean-Pierre Kalfon : Il n’y a pas de méthode, c’est de l’exigence, une droiture. On la tient de Jean Vilar. Elle consiste à donner au public le meilleur de ce que l’on peut rêver. Nous sommes des passeurs de l’auteur, des filtres.
Pierre Santini : Il faut dire que nous avons été aidés par Delphine de Malherbe, un metteur en scène formidable qui nous a dirigés en nous laissant nous épanouir chacun dans notre rôle. La relation entre les deux frères, très différentes, provoque des étincelles, mais le public rit beaucoup. Un bon texte est un formidable tremplin !

Jean-Pierre Kalfon : La pièce est une histoire de famille, comme beaucoup de gens ont pu la vivre. Des frères qui naissent d’un même foyer, une famille très bourgeoise, mais dont la trajectoire va conduire dans des voies totalement opposées.

Photo-Fratricide-CR-Joseph-Carlucci-Vous faites tous deux beaucoup de télévision et de cinéma. Jouer au festival OFF d’Avignon, cela vous apporte t-il autre chose ?

Pierre Santini : A Avignon, les gens qui viennent nous voir nous connaissent et nous ont repérés dans des films. Ce sont en général des amateurs de théâtre qui viennent pour aimer. J’ai derrière moi une  longue carrière d’acteur, j’éprouve un immense plaisir à croiser ce public et tous ces jeunes avec ces centaines de spectacles.

Jean-Pierre Kalfon : Le festival d’Avignon fait encore rêver ! C’est magnifique !

Pierre Santini : La première fois que je suis venu à Avignon, c’était en 1959. Je suis arrivé avec trois copains en voiture, à 11 heures du soir, autour de la Cour d’Honneur où jouait Gérard Philippe dans une mise en scène de Vilar. Tout était noir, il ne devait y avoir qu’un seul café ouvert. Aujourd’hui il y a 1300 spectacles plus ceux du IN ! Jean Vilar et le TNP ont fait fleurir une intensité théâtrale qu’il faut absolument préserver.

Quelle est justement votre position par rapport au statut des intermittents du spectacle ?

Pierre Santini : L’intermittence est une conquête formidable pour les artistes. C’est une des grandes conquêtes sociales des dernières années qu’il faut préserver. Je maintiens cependant ma confiance dans le gouvernement de Manuel Vals avec Aurélie Filippetti qui ont nommé trois médiateurs pour régler le problème et remettre tout à plat. Si dans six mois la situation n’est pas réglée, on pourra bouger. Je pense qu’il ne faut pas sanctionner les artistes qui sont en situation précaire, ni surtout le public qui vient en Avignon pour le plaisir du théâtre. 

Hélène Kuttner


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