0 Shares 1193 Views

Première nationale d’Eonnagata aux Nuits de Fourvière… Epure dansée d’androgynie !

20 juillet 2009
1193 Vues
eonnagata_copyright_ericklabbe

 

L’Eonnagata, résultante d’une union entre l’Onnagata et la figure du Chevalier Eon, annonce une figure qui sonne aussi pure qu’absconde. Il faut donc se souvenir d’Eon, de ce visage trouble d’espion qui se travestissait en femme à la demande de Louis XV, et apprendre encore, que l’Onnagata désigne l’incarnation masculine d’un rôle de femme dans le théâtre japonais kabuki.

Sans doute la tentative de conférer un caractère universel au propos a-t-elle motivé ce mélange d’influences françaises et japonisantes, et c’est tant mieux, car ce spectacle parvient à nous toucher au-delà de l’histoire narrée, par l’esthétique multiple et saisissante avec laquelle la question de l’identité sexuelle se trouve être abordée. Hypnotiques, les images qui défilent sous nos yeux sont d’une beauté si évidente que la problématique finit transcendée par le geste artiste, et par un jeu de lumière griffé Michael Hulls qui prend une jolie place au beau milieu d’une scénographie garantie intense, découpée et dépouillée.

Mêlant les arts martiaux et chinois aux arts du récit et de la danse, ces trois grands nous emportent de tableau en tableau, dans une chevauchée érotique où la danse et la théâtralité se servent réciproquement. On pourrait être réticent devant la certitude que Robert Lepage n’est pas danseur, que Russel Maliphant est avant tout chorégraphe, et que le prodige Guillem est plus connu pour ses performances classiques que pour ses triomphes de comédienne… Et pourtant, cette pièce montre que ses artistes là ne sont pas seulement fulgurants dans leur propre discipline, mais qu’ils sont également capables d’aspirer les autres dans leur sillon tout en se pénétrant de l’art de ces autres. Car enfin, Robert Lepage nous séduit en dansant ; Sylvie Guillem nous impressionne en contant ; et Russel Maliphant parvient et comme acteur, et comme danseur !

Eonnagata est une création, un ballet, une pièce de théâtre, une leçon d’Histoire, une performance… Bref, un mélange hors norme qui rend grâce à l’ambiguïté sexuelle, mais plus encore à la dualité de l’être en général. C’est à couper le souffle !

Christine Sanchez

 

Eonnagata,

Création et interprétation: Russel Maliphant, Robert Lepage, Sylvie Guillem

 

Premières françaises:

Du 9 au 11 juillet 2009

Nuits de Fourvière – Festival lyonnais

En ce moment

Articles liés

“Carnets du Sous-sol” : L’adaptation captivante de l’œuvre de Dostoïevski à la Comédie Saint-Michel
Agenda
148 vues

“Carnets du Sous-sol” : L’adaptation captivante de l’œuvre de Dostoïevski à la Comédie Saint-Michel

Une adaptation des Carnets du Sous-sol, un seul-en-scène sans filtre, du pur Dostoïevski, démesuré et jouissif. C’est un homme d’une quarantaine d’années, pétri d’amour-propre et de ressentiment, vivant depuis trop longtemps seul dans son “sous-sol, qui sort exceptionnellement de...

Alix Logiaco vous fait découvrir son dernier album au Studio de l’Ermitage le 18 février !
Agenda
126 vues

Alix Logiaco vous fait découvrir son dernier album au Studio de l’Ermitage le 18 février !

Le Studio de l’Ermitage accueille Alix Logiaco, son trio et ses invités à l’occasion de la sortie de son dernier album “From Sand To Land”  À propos de l’album From Sand To Land Alix Logiaco Trio a sorti, le...

“Le Bal des voleurs”, une comédie familiale à ne pas manquer au Funambule
Agenda
814 vues

“Le Bal des voleurs”, une comédie familiale à ne pas manquer au Funambule

Trois voleurs maladroits se déguisent pour piéger une riche lady… Mais le destin va en décider autrement. Une comédie familiale et déjantée pleine de péripéties rocambolesques, de danses effrénées et de transformations de personnages ! Trois voleurs peu dégourdis,...