Rencontre avec Lenny M’bunga : “Pour se connaître il faut connaître son histoire”
© Lenny M'bunga
Lenny M’bunga, 32 ans se considère comme “humoriste panafricain”. J’ai eu la chance de le rencontrer et de le questionner sur ses idées si bien définies.
Comment as-tu débuté dans le stand-up ?
En faisant de petites scènes, on appelle ça les plateaux, dans des comedy club (comme le Paname art café, le bordel club, etc…),des caves, des bars, parfois même des terrains vagues, au début je faisais ça pour délirer, et un jour on m’a dit : “Mais mec ça devrait être ton métier”.
Qui sont tes modèles ?
J’en ai plein. En humour, Pie Tshimbonda, humoriste congolais vivant en Belgique, c’est mon maître à penser. Sinon, je suis beaucoup axé sur l’humour américain, Dave Chapelle, Michael Che, Chris Rock, Bill Burr. Ensuite, dans la musique vraiment, Tupac. Après ce ne sont que des militantistes tels que Malcolm, Patrice Lumumba, Banti Bantu, KWame Nkrumah, Sankaa, Winnie Mandela, Funmilayo Ransome Kuti… j’en ai énormément si on est dans le militantisme noir, j’en ai des tonnes.
De quelle manière as-tu commencé à t’intéresser à l’histoire de l’Afrique et des afro-descendants ?
En me cherchant moi même, je suis issu d’un métissage (Congo/Réunion), j’ai vécu à Nice dans un environnement blanc et aisé. J’étais en recherche et en questionnement constant de ma réelle identité. Et pour se connaître il faut connaître son passé, c’est là que j’ai vu que les occidentaux ne savent rien du continent. Nous mêmes sommes incultes sur notre histoire, alors je voulais remédier à ça. On joue tous avec les armes que Dieu nous a données, moi j’avais l’humour je m’en suis servi en la mélangeant à l’histoire.
D’après toi, comment “combler les carences de connaissances sur l’Afrique” ?
Je pourrais te donner dix mille façons de combler ces carences, mais je pense que le premier truc à faire c’est un travail sur nous-mêmes. Moi j’ai voulu chercher parce qu’en moi j’avais ce questionnement, ce truc de vouloir évoluer, avancer, je ne comprends pas qu’il faille quelque chose en guise de motivation, on doit se demander qui l’on est et arrêter d’être perdus. Je pense aussi que le système scolaire français devrait changer, tout est raconté d’un point de vue occidental, c’est un problème.
De l’humour politisé ou de la politique humoristique ?
Humour politisé même si la politique fait énormément d’humour.
À qui s’adressent tes paroles ?
À ceux qui veulent bien l’entendre, à ceux qui comprennent que le monde est en train de changer, qu’ils peuvent réécrire une part de l’histoire et changer leur futur, qu’importe la couleur, la religion, ou le sexe.
Très peu d’humoristes racisés en France traitent de ces sujets, en aurais-tu à nous conseiller ?
Shirley Souagnon et Wary Nichen.
Propos recueillis par Soraya Assae Evezo’o
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