“Respire” : le souffle du théâtre pour une ode à la vie
Respire (c) Lou Sarda
Romane Bohringer porte avec magnificence un texte de Sophie Maurer, celui d’une mère à son enfant tout juste né dans une maternité. Accompagné du musicien Bruno Ralle, c’est un moment de théâtre bouleversant mis en scène par Panchika Velez à la Scala de Paris.
Tigresse
Dans le couloir d’une maternité, une femme attend. Ses yeux sont d’une intensité inflexible, son cou est tendu, et ses mains dessinent des cercles, aux couleurs des émotions qui la traversent. Dans le beau décor conçu par Lucas Jimenez, un espace bleuté cerné par des cubes de plexiglass avec au fond un écran de cinéma qui reflète des paysages aux ombres floutées, la comédienne Romane Bohringer est cette femme en jean qui attend comme une vigie que son enfant nouveau-né trouve enfin le moyen de respirer tout seul. Ses poumons ont encore du mal à se déployer et son pronostic vital reste incertain. L’attente insupportable, l’angoisse, se muent en un chant lumineux, philosophique, poétique, un chant d’espoir pour appeler cet enfant à vivre.
Combat de boxe
Loin d’être une complainte, le très beau texte de Sophie Maurer agit comme un combat, une révolte, une colère contre l’état du monde et les dérives sectaires, régressives, de nos sociétés menacées par les catastrophes économiques et climatiques. Comme une tigresse qui met des gants de boxe, cette jeune mère alerte d’abord son enfant sur les dangers qui le guettent une fois plongé dans le monde des adultes, loin de la vague protectrice et chaude du liquide utérin. Bien sûr, c’est un monde terrible qui accueille aujourd’hui les enfants qui naissent, mais n’est-ce pas une raison de plus d’être au monde que de combattre pour un monde meilleur ? Le texte alors se fait lyrique, poétique, drôle et provoquant, passant par toutes les couleurs de notre arc-en-ciel existentiel d’adulte, femme ou homme, responsable d’une vie à naître. Romane Bohringer fait de cette pâte littéraire un bijou théâtral, rythmé par la guitare et les claviers de Bruno Ralle, sous le regard intelligent de la metteure en scène Panchika Velez. Elle est lionne et tigresse, animale et sensuelle, d’une générosité absolue. Et c’est bouleversant.
Hélène Kuttner
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