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    « Sacre/Gold » : Emanuel Gat, du charnel au spirituel

    20 mars 2017
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    Sacre/Gold

    D’Emanuel Gat

    Avec Anastasia Ivanova, Michael Lohr, François Przybylski, Sara Wilhelmsson, Ashley Wright, Pansun Kim, Geneviève Osborne, Milena Twiehaus

    Du 25 au 30 mars 2017

    Tarifs : 15-28€

    Réservation par tél. au 01 53 35 50 00

    Durée : 1h50

    Centquatre-Paris
    5, rue Curial
    75019 Paris
    M° Riquet

    www.theatredelaville-paris.com

    www.104.fr

    Du 25 au 30 mars 2017


    Au Centquatre-Paris, dans une programmation partagée avec le Théâtre de la Ville, Emanuel Gat réunit deux œuvres phares de son parcours, revisitées et mises en exergue pour une soirée qui commence chaude et termine sur un bel apaisement. Stravinski dansée en salsa dramatique, et le double génie de Glenn Gould, pianiste et créateur radiophonique. Par l’une des meilleurs compagnies de danse contemporaine.

    « Sacre/Gold » est donc un programme composé de deux pièces d’un même chorégraphe. Et si ces deux œuvres ont peu de choses en commun, la soirée permet de saisir le parcours d’Emanuel Gat, du jeune chorégraphe qu’il était en 2004 jusqu’à ce qu’il devienne l’une des vedettes de la scène chorégraphique française.

    C’est avec « Sacre du Printemps » qu’il a fondé sa réputation d’artiste à forte tête, puisqu’il y réussit cette étonnante liaison entre Stravinski et la salsa.  Ce retour aux sources se partage la soirée avec « Gold » qui n’est autre qu’un nouveau regard sur « Goldlandbergs », son chef-d’œuvre créé en 2013. Gat revient donc sur sa propre histoire et crée un dialogue entre Stravinski et Bach, puisque dans « Gold », c’est Glenn Gould qui interprète les « Variations Goldberg » au piano.

    Stravinski et danse salsa

    La salsa est une danse populaire, comme « Le Sacre du Printemps » en est une puisque l’œuvre de Nijinski montre une danse qui n’est pas académique, mais populaire et ancestrale. Qu’elle soit fictive n’empêche rien. Comme chaque personnage de chaque version du Sacre, les salseros mettent leur passion dans chaque tour de piste.

    [embedyt] https://www.youtube.com/watch?v=Kr__m1h2Ii0[/embedyt]

    Emanuel Gat a su s’approprier cette danse de rue pour lui donner une prestance plus précise, plus crue et plus dramatique encore. Elle devient ainsi une danse fictive en tant que culture populaire, mais pleinement traversée par la sève d’une énergie collective. La salsa est charnelle comme l’est le « Sacre » de Stravinski, mais la sensualité remplace la touche dramatique. Gat revisite son « Sacre » avec l’expérience de plus d’une décennie pendant laquelle il a affiné et précisé son style et sa méthode.

    event76 3Une approche classique de la salsa nous aurait présenté trois couples. Gat enlève le troisième cavalier et crée un déséquilibre constant qui ne cesse de relancer le suspense.

    La danse salsa incarne ainsi le désir, le manque, l’angoisse, la passion, tel un tango mais sacrément fouetté par Stravinski. Aux abords d’un abyme, sur un tapis incandescent, les danseurs deviennent des lutteurs. Se battent-ils pour un(e) partenaire de danse ou pour leur survie?

    Glenn Gould, compositeur libre

    emanuel gat dance brilliant corners 02Dans « Gold », l’univers d’Emanuel Gat prend des allures plus spirituelles, avec des extraits d’une œuvre radiophonique de Gould, brillant mixage de musique et de voix. Car Gould était, outre son génie qu’il exprimait au piano, un avantgardiste de la composition sonore à partir du réel.  

    « The Quiet in the Land » est un documentaire, pour lequel Gould a réalisé neuf interviews de membres d’une communauté mennonite concernant leurs vies, leurs questionnements leurs buts etc. Ils parlent de leurs angoisses, leurs envies, leurs visions.

    Gat aborde ce documentaire radiophonique comme une œuvre de musique pure qui exprime la spiritualité de Glenn Gould dans cet univers de voix, de cloches et des bruits de la ville, créant un lien évident avec Bach. Les danseurs sont libres et sereins, dans un langage plus graphique que sensuel. Mais le corps parle ici par sa présence même. La danse arrive telle la cerise sur le gâteau, une dorure toute spirituelle.

    Thomas Hahn

    [Crédits Photos : © Emanuel Gat]

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