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Tout Dostoïevski vu par Charlie à la Cité Internationale

©Gilles Vidal

Charlie est le seul personnage du spectacle Tout Dostoïevski. Looser sympathique et pas moins cultivé, il se présente comme étant chargé, suite à une commande, de résumer toute l’œuvre du grand romancier russe. Et c’est parti pour une approche décalée et fantaisiste, qui invite finalement sur le fil de l’émotion à lire ou relire de toute urgence l’œuvre complète de cet auteur colossal.

Emmanuel Vérité, le comédien qui incarne Charlie, s’était précédemment emparé de Proust. Avec la même volonté de désacralisation, il veut en réalité apporter sa contribution à la transmission « des choses de la beauté » et rendre un hommage, sous des airs déjantés, à des figures artistiques majeures. Devant un monument comme Dostoïevski, d’emblée il s’écarte des chemins scolaires et explicatifs. Il joue sans limites de la spontanéité sur un mode de camaraderie avec la salle. Il fait monter sur scène une spectatrice, il distribue des gobelets de vodka à qui veut et s’adresse à son public avec simplicité, comme s’il improvisait la présentation de cet auteur qu’il ne sait par quel bout attraper.

© Gilles Vidal

Le spectacle se déroule ainsi, telle une conversation de potache qui néanmoins a incontestablement lu de bout en bout Crime et châtiment et Les frères Karamazov. Charlie se lance entre deux blagues sur des essais de résumés qui deviennent très vite des scènes d’humour revisitées à travers le prisme d’un narrateur d’aujourd’hui. Les passions, les délires et les tourments dostoïevskiens sont transposés comme si Charlie racontait un fait divers récent avec ses propres mots et ses propres références. A cet égard, l’inspecteur Colombo se trouve étonnamment convoqué et donne lieu  une séquence à la fois cocasse et pleine d’humanité.

Les digressions se succèdent, Charlie bricole par associations d’idées, il s’éloigne apparemment du sujet pour mieux y revenir et chante joliment avec un copain beau comme une figure d’ange de Dostoïevski surgi de la salle. Finalement, Charlie touche ses spectateurs ; il les remue, il les amuse avec ce qui ressemble à un bric-à-brac puis il les émeut quand on ne s’y attend plus et, avec un talent souple et franc, il réussit l’essentiel :  donner envie d’aller voir de près ce fabuleux auteur nommé Fiodor Dostoïevski que rien ne pourrait résumer et que tout pousse à lire ou à relire.

Emilie Darlier-Bournat

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