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    « Un Américain à Paris », Gershwin enchante les fêtes

    15 décembre 2014
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    An American in Paris

    De George Gershwin et Ira Gershwin

    Mise en scène et chorégraphie
    de Christopher Wheeldon

    Avec Robert Fairchild, Leanne Cope, Veanne Cox, 
    Jill Paice, Brandon Uranowitz et Max Von Essen

    Du mardi au vendredi à 20h, samedi et dimanche à 15h et 20h

    Tarifs : de 8 à 109 euros

    Réservation en ligne ou par tél. au 01 40 28 28 40

    Durée : 2h50

    Théâtre du Châtelet
    2 rue Edouard Colonne
    75001 Paris
    M° Châtelet

    www.chatelet-theatre.com

    Jusqu’au 4 janvier 2014

    Après le film culte de Vincente Minelli avec Gene Kelly et Leslie Caron qui remporta 6 Oscars en 1951, voici la première mondiale d’une production franco-américaine initiée par Jean-Luc Choplin qui s’installera à Broadway au printemps 2015. Cette mise en scène de la comédie musicale de George et Ira Gershwin, signée Christopher Wheeldon, est une réussite totale qui a enchanté le public parisien lors de la première.

    photo_sur_le_pianoUne recréation

    Craig Luca, l’auteur du livret, a souhaité enrichir l’intrigue en la plaçant juste après la libération de Paris. Dans ce Paris libéré où la joie de vivre renaît, le spectacle devient véritablement un hymne à la liberté et au bonheur de vivre. Jerry Mulligan, le héros, demeure le beau GI américain qui rêve de devenir peintre dans un Paris qui l’inspire autant que Lise Dassin, une jeune danseuse qui s’avèrera plus tard être juive et protégée depuis la guerre par la riche famille d’Henri Borel, son soupirant qui se voit lui-même sous les traits d’un artiste de music-hall.

    Adam Hochberg, le compositeur américain blessé à la jambe, devient l’artisan musical et amical de ce trio de garçons amoureux d’une même jeune fille. Côté musique, c’est Rob Fisher qui est allé chercher dans des partitions inédites de Georges Gershwin quelques chansons peu connues ainsi que le Concerto en fa et la Seconde Rapsodie. La partition musicale est dirigée avec virtuosité par Brad Haak.

    AAIP09_de_G_a_D_Leanne_Cope_Lise_et_Jill_Paice_Milo_cAngela_SterlingUne scénographie et des costumes éblouissants

    Bob Crowley  réalise des prodiges en créant des décors légers, mobiles, utilisant des projections vidéos et l’univers pictural des peintres de l’entre deux guerres pour figurer des univers différents à chaque tableau. Ici une rue parisienne à la Raoul Dufy, là des barques au Bois de Boulogne chez Seurat, les salons bourgeois sont peuplés de Miro et de Picasso, les Galeries Lafayette en bicolore déjà conceptuel…. Avec des lumières sophistiquées et sublimes de Natasha Katz, les scènes s’enchaînent avec la fluidité d’un montage cinématographique et les costumes, très élégants, s’inscrivent dans la même harmonie. Sur le plateau, les fondus enchaînés glissent en couleur.

    AAIP10_Robert_Fairchild_Jerry_et_Leanne_Cope_Lise_cAngela_SterlingUn casting de haute volée

    Le chorégraphe Christopher Weeldon, issu du New York City Ballet, a déjà réalisé une dizaine de comédies musicales outre Atlantique, dont un grand nombre déjà couronnées de prix. Son travail sur cette production est absolument éblouissant de grâce, d’élégance et de qualité artistique. La danse ici n’est jamais isolée du théâtre ou de la chanson, elle est l’axe autour duquel les dialogues et les chansons s’agrègent de la manière la plus harmonieuse et libre possible. Jazz, claquettes, classique ou contemporain, le mouvement est multiforme, vivace. Tous les artistes sont magnifiques, tant du point de vue chorégraphique, théâtral ou vocal. Dans le rôle de Jerry, Robert Fairchild, danseur étoile du New York City Ballet, est tout simplement prodigieux, d’énergie, de talent, de charme et de luminosité. Le personnage lui colle à la peau et il le magnifie.

    Leanne Cope, jeune danseuse au Ballet Royal de Londres, campe une Lise parfaitement délicate, quoiqu’un peu trop discrète. Jill Paice est redoutablement affutée et belle dans le personnage de Milo, Max Von Essen parfait dans celui d’Henri et Brandon Uranowitz totalement émouvant et vibrant dans le personnage central d’Adam Hochberg, un double de George Gershwin.
    AAIP13_Max_von_Essen_Henri_cMarie-Noelle_RobertUn bonheur ! Encore une fois, saluons le flair et le talent du directeur de Châtelet Jean-Luc Choplin pour avoir initié une telle aventure.

    Hélène Kuttner

    [Crédit photos : Angela Sterling]

     
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