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    Exposition « Portraits » – Lee Jeefries – Galerie Mathgoth

    Solène Chaillat 6 mars 2018
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    La galerie Mathgoth accueille pour la seconde fois Lee Jeffries, qui avait collaboré en 2015 avec le pochoiriste français Jef Aérosol dans une coproduction intitulée « Synergy ». Pour cette exposition en solo, « Portraits », le photographe britannique a choisi une vingtaine de tirages couleurs et noir et blanc, aux cadrages audacieux et variés.

    Si un mot résume sa méthode d’approche, c’est celui de hasard. Rien n’est jamais calculé ni prémédité dans sa démarche. Connu principalement pour ses clichés noir et blanc de sans-abris fortement contrastés, Lee Jeffries entend ici aller au-delà des circonstances et célébrer le caractère singulier de l’émotion humaine. Jouant de la lumière comme de halos et des ombres en clair-obscur dans un élan quasi spirituel, chaque visuel appelle instinctivement une interprétation religieuse et métaphysique. Sa technique découle directement de la connaissance profonde de ses sujets, au travers de ce qu’il décrit comme un voyage impalpable. En entrant pour ainsi dire dans leur esprit, il peut sentir leur solitude, désespoir et peine. L’empathie poignante qu’il exprime via ces visages en gros plan Portraits de Lee JEFFRIES – communiqué de presse témoigne à chaque rencontre d’une sorte d’adieu à des relations certes fugaces, mais construites sur l’authenticité.

    «Maya»

    Lee Jeffries « les » voit. Ceux que la société ne gratifie pas même d’un regard, quand leurs yeux mouillés de froid implorent de l’aide. Il leur parle. Il aimerait les sauver mais il sait qu’on ne peut sauver quelqu’un de lui-même. Alors il se contente de passer quelques moments avec ces ignorés du macadam, le temps d’un échange et d’un portrait comme dans le cas de Sterling, un SDF croisé à Seattle qui figure dans le portfolio de l’exposition. Quête d’amour ou quête de soi, le photographe arpente inlassablement le bitume pour empiler les images qui nourrissent les pages du roman de sa vie, attachant son regard à ceux et celles qui n’en ont pas. Sa propre solitude est d’ailleurs un écho à la leur, constituant à la fois le moteur de sa création et son antidote à une mélancolie qui, sans doute, le paralyserait s’il en était autrement. C’est en cela que son travail est ouvertement intime et que nul ne peut y rester indifférent, à moins d’être totalement dépourvu de compassion. Lee Jeffries ne s’arrêtera pas, du moins pas tant qu’il n’aura pas trouvé cet amour idéal auquel de nombreux êtres aspirent pour donner du sens à leur existence.

    Côté projets, il travaille sur un ouvrage qui contiendra 350 portraits de rugbymen pour la Coupe du Monde 2019, et on pourra voir également ses photos dans le blockbuster de cet été (Second Act) ayant pour actrice principale Jennifer Lopez. Il continuera de faire voyager ses clichés à Naples, Seattle et Perugia. En attendant, un stop à Paris s’impose à la galerie Mathgoth pour s’imprégner de sa touchante fascination pour l’âme humaine – ou tout simplement pour prendre une petite bouffée de tolérance et d’humilité.

    [ Source : communiqué de presse ; visuel : ]


    Retrouvez ici notre dossier sur tous les vernissages du mois de Mars

     

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