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Derniers jours – Dran au Palais de Tokyo

5 janvier 2015
11 Vues
Dran_-_exposition_Inside_-_Palais_de_Tokyo4

Exposition collective Inside

Commissaires : Jean de Loisy, Daria de Beauvais et Katell Jaffrès

Avec Jean-Michel Alberola, Dove Allouche, Yuri Ancarani, Sookoon Ang, Christophe Berdaguer & Marie Pejus, Christian Boltanski, Peter Buggenhout, Marc Couturier, Nathalie Djurberg & Hans Berg, Dran, Marcius Galan, Ryan Gander, Ion Grigorescu, Hu Xiaoyuan, Eva Jospin, Jesper Just, Mikhail Karikis & Uriel Orlow, Mark Manders, Bruce Nauman, Mike Nelson, Numen/For Use, Abraham Poincheval Araya Rasdjarmrearnsook, Reynold Reynolds & Patrick Jolley, Ataru Sato, Stéphane Thidet, Tunga, Andra Ursuta, Valia Fetisov, Andro Wekua et Artur Zmijewski

Jusqu’au 11 janvier 2015

De 12h à minuit tous les jours, sauf le mardi

Fermeture exceptionnelle à 18h les 24 et 31 décembre

Plein tarif : 10 €
Tarif réduit : 8 €

Réservation en ligne

Palais de Tokyo
13, av. du Président Wilson
75116 Paris

M° Alma Marceau
(ligne 9)

www.palaisdetokyo.com

Jusqu’au 11 janvier 2015

Dran donne la mesure de son talent au Palais de Tokyo pour l’exposition Inside. Courez-y !

Des lignes à la bombe, raturées, qui plongent poétiquement le long d’un escalier. Des personnages aériens et torturés. Les tentacules d’un poulpe, la toile d’une araignée, les pièces d’un puzzle qui partent à l’assaut des murs. L’œuvre de Dran pour l’exposition Inside est une plongée dans son univers, celle de l’un des plus passionnants artistes issus de l’art urbain. Ce trentenaire a fait ses armes à Toulouse, où il a été remarqué par Banksy lui-même. Il a aujourd’hui investi le Palais de Tokyo, sur plusieurs niveaux d’un escalier souterrain, marquant un pas majeur dans sa trajectoire.

Car ce lieu explore ses obsessions, jusqu’au vertige. Les images de l’enfance sont présentes, toujours détournées par un humour très noir, une ironie constante. Un Pierrot étrangement perché dans un arbre, guetté par un renard. Pinocchio brisant ses chaînes, une bombe en poche, malgré les conseils de Jiminy Cricket. Un éléphant volant qui tient autant du Dumbo sous acide que d’un Ganesh anémié. Le chat du Cheshire, plus sardonique que jamais. Dran n’est guère de ceux qui confondent enfance et douceur. Croix et crânes cultivent le goût du macabre. Les contradictions d’une société schizophrène quant à la place de l’art sont relevées, comme avec ce policier graffant. Sa poésie est loin de toute mièvrerie, métamorphose du plomb de l’existence en tracés délicats, riches de détails.

Dran_-_exposition_Inside_-_Palais_de_Tokyo_-c-Nicolas_Gzeley_À l’entrée, on lit ces lignes à la bombe, qu’on a du mal à ne pas voir comme programmatiques : « Quand je peins, je crache le noir en moi. Plus je peins moins j’ai mal. Heureusement il y aura toujours de la peinture.
Malheureusement il y a toujours du mal. Il faut juste apprendre à le transformer. » Dans ce microcosme créé dans les profondeurs du musée, on peut aussi choisir de lire un chemin de libération : celui des hantises déjouées, détournées, apprivoisées. Sur un des murs, une fleur tente de s’arracher à son pot – dans la souffrance. À la fin du parcours, un cœur qui bat au rythme d’un néon, âme éphémère de ce lieu puissamment habité, comme une vie qui reprendrait ses droits. Et des pas se perdent jusque sur les hauteurs – déplaçant les repères de cet espace clos. Si la beauté est ce qui désoriente, il faut plus que jamais compter avec Dran.

Sophie Pujas

[Photos © Nicolas Gzeley]

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