Sortie le 30 mars 2011Après une carrière fournie dans la réalisation de productions pour la télévision, Laurent Carcelès tente avec Equinoxe une percée dans le monde du cinéma. Pourtant malgré un casting plutôt alléchant, Aurélien Recoing et Caterina Murino, le film s’enfonce dans une parodie de son propre style, le théâtre contemporain filmé.
Martin et Nathalie s’aiment. Lors d’un week-end au bord de mer, le couple est surpris par la marée remontante et erre sur la plage avec la peur de la mort au ventre. Les interrogations de l’un et de l’autre ainsi que leurs natures profondes ressurgissent alors.
Dès les premières minutes, Equinoxe apparaît comme une œuvre prétentieuse, se revendiquant comme un summum de poésie, de philosophie et même de théologie. On ne peut hélas qu’y voir que deux personnages interchangeables qui débitent sans trop y croire (et c’est encore pire quand ils essayent) des banalités artificielles sur leur amour, la mort, leur relation, la vie. La métaphore si peu subtile entre la situation qui leur échappe, cette mer dangereuse et même mortelle, et l’avenir de leur couple rappellent les pires réflexions de littérature de gare. Pire encore, le réalisateur semble prendre un malin plaisir à alourdir encore l’ensemble d’une musique à la fois grandiloquente et discordante, œuvre d'un certain Hector Parra, et à jouer d’effets spéciaux sans plus de raison que d’ajouter une touche supplémentaire de surréalisme à cette horreur.
Presque une blague, Equinoxe peut, sans mal, se résumer à 1h15 de torture visuelle, auditive et mentale. Réalisé sans l’ombre d’un second degré, il en faut beaucoup pour apprécier un tant soit peu le spectacle.
Lucile Bellan
Equinoxe
Un film de Laurent Carcelès
Avec Caterina Murino, Aurélien Recoing, Jean-François Balmer
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