Sortie le 10 juin 2009Jaffa, c’est de manière discrète l’histoire d’un pays et de ses maux. C’est l’histoire de deux communautés qui se côtoient et qui se déchirent. Mais par le biais de ce film, Keren Yedaya n’aborde pourtant pas le drame palestino-israélien de manière frontale. Elle a choisi de faire gronder cette tragédie de manière sourde, à travers l’histoire de Mali et de Toufik. Elle, est israélienne, lui arabe. Ils s’aiment et décident de se marier, envers et contre tout. Mais dans cette Vérone des temps modernes, le destin, encore une fois, en a décidé autrement.
Jaffa est un faubourg de Tel Aviv, le film se passe donc en Israël et non dans des lieux plus mouvementés tels que les « territoires occupés ». En choisissant cette ville, Keren Yedava a voulu montrer qu’un mur ne suffira pas à résoudre le problème. Arabes et Israéliens se côtoient partout, et partout la violence est présente, même si elle n’est parfois que latente.
L’histoire nous fait pénétrer dans le microcosme d’une affaire familiale isréalienne, celle Reuvon (Moni Moshonov) qui tient un garage avec sa fille Mali et son fils Meir, aidés de deux employés arabes, Toufik et son père Hassan. La famille de Reuven que Jaffa nous donne à voir a tout l’air d’être normale. Elle souffre pourtant d’un profond manque d'écoute, de l’omnipotence d’une mère sublimement incarnée par Ronit Elkabetz, aussi tyrannique que sensuelle, et de la dureté d’un père, dissimulée par la lâcheté dont il fait preuve à l’égard de sa femme. Même au sein de cette famille pourtant simple, la haine est là, palpable, criante même, dans la bouche de Meir, qui n’y survivra pas. Qui est responsable de sa mort ? Est-ce celui qui a porté le coup et dont on taira le nom ? N’est-ce pas plutôt la dureté des parents qui ont rendu possible la rencontre fatale? N’est-ce pas tout simplement une société toute entière qui, empêchant Mali et Toufik de s’aimer librement, a conduit, une chose entraînant une autre, à la mort de l’un des leurs ?
Jaffa est tout au long bercé par la musique de Shushan, qui donne au film une dimension particulière, comme une aura douce et chaude, mais d’une chaleur sèche, celle que l’on trouverait dans un désert. Cette musique fait entendre la sècheresse de certains cœurs, et le malheur de certains autres. L’image, quant à elle, est discrète. Par des petits plans fixes et toujours pris à distance, elle parvient à dévoiler un malaise, sans pour autant violer l’intimité des personnages. Elle nous montre enfin l’amour des jeunes amants, mais toujours au travers d'une semi-obscurité protectrice, comme pour préserver cette fragile étincelle d’éspoir qui surgit, faible et vacillante, dans un monde déchiré.
Jaffa, c’est donc un reflet du drame d’Israél. Un reflet porté à l’écran à travers le prisme d’êtres simples, pris malgré eux dans la tourmente d'une histoire qui les dépasse.
Chloé Goudenhooft
Jaffa
Titre original : Kalat Hayam
Réalisé par Keren Yedaya
Avec Dana Ivgy, Mahmud Shalaby et Ronit Elkabetz
Durée : 1h45min
Sortie le 10 juin 2009
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Commentaires
Merci
Andre
elle est trop belle
http://www.youtube.com/watch?v=SIN1OigNN0g
bonne écoute
chanson magnifique et touchante
comment et où se procurer ce CD ??
Merci
(Les paroles sont en arabe...)
http://limelinx.com/files/41911623b33aa7acc7615d82a70b7c49
trouve divinement belle! est ce que quelqu'un peut me dire comment faire?
Merci pour le nom de la musique.
merci si qulqun pouvait m aider anne
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