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Quand le roman français mène à la réalisation

6 novembre 2017
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Après La Délicatesse, David Foenkinos revient à la réalisation avec Jalouse, dans lequel Karin Viard peine à réfrener un sentiment de plus en plus toxique. Avant lui, d’autres romancières et romanciers ont tenté l’aventure cinématographique, avec plus ou moins de bonheur. Passage en revue des tentatives passées.

Les 723 000 entrées de La Délicatesse, leur premier film, ainsi qu’une nomination au César du meilleur premier film, auront permis aux frères Foenkinos de poursuivre leur carrière cinématographique. Prix Renaudot et Goncourt des lycéens pour Charlotte (2014), David Foenkinos semble parvenir à mener de front la double carrière d’écrivain et de réalisateur, ce qui ne semble pas être à la portée du premier venu.

Parmi les romanciers qui semblent être parvenus à trouver cet équilibre, on peut citer Philippe Claudel, couvert de lauriers pour Il y a longtemps que je t’aime avant de poursuivre sa carrière de façon plus modeste (mais avec régularité). Tous les soleils, Avant l’hiver, Une enfance : doucement mais sîurement, l’auteur des Âmes grises et du Rapport de Brodeck (lui aussi Goncourt des lycéens, en 2007) aura su creuser son trou dans le paysage auteuriste français, tant du côté du grand écran que dans les librairies.

D’autres auront connu moins de réussite dans cet exercice, à tel point que l’on peut se demander s’ils recommenceront un jour. Avec Nos amis les terriens, Bernard Werber n’a clairement pas convaincu ; avec La Possibilité d’une île, Michel Houellebecq aura montré que cinéaste est un véritable métier pour lequel il ne possédait peut-être pas toutes les qualités requises. Surtout lorsqu’il faut adapter un roman aussi ardu et risqué que le sien.

Frédéric Beigbeder a lui aussi connu des fortunes diverses. Lassant 99 francs à Jan Kounen, il s’est lancé grâce à L’amour dure trois ans, dans lequel son double était incarné par Gaspard Proust. Remettant le couvert avec L’Idéal, suite de 99 francs dans laquelle il donnait de nouveau le premier rôle à Proust (alors que Jean Dujardin jouait le même personnage dans 99 francs), Beigbeder a cette fois rencontré un succès extrêmement limité ui pourrait bien lui faire passer l’envie de recommencer. Deux films et puis plus rien : c’est également la trajectoire qu’a suivie Yann Moix, célébré pour un Podium franchement réussi, avant que la catastrophe Cinéman ne vienne sonner le glas de sa carrière de réalisateur.

L’excellent auteur Marc Dugain, dont François Dupeyron a adapté La Chambre des officiers avec brio, a également connu des difficultés manifestes. Si le téléfilm La Malédiction d’Edgar a été plutôt joliment salué, le film Une exécution ordinaire (avec notamment André Dussollier en Joseph Staline) a été accueilli très fraîchement par la critique et le public. Mais L’Echange des princesses, son nouveau film, pourrait connaître une trajectoire plus positive : rien que son casting (Lamnbert Wilson, Kacey Mottet Klein, Olivier Gourmet) laisse augurer du meilleur.

Lucile Bellan

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