
Jusqu'au 31 décembre 2010
Palais Garnier
© Sébastien Mathe / Opéra national de Paris
Le magistral Sacre du Printemps de Pina Bausch à voir et revoir au Palais Garnier !
Le programme de cette soirée est un véritable aperçu des révolutions apportées dans la danse : Apollon, O Zlozony / O Composite, et le Sacre du Printemps invitent à un voyage poétique dans les univers de trois grands maîtres de la danse : George Balanchine, Trisha Brown et Pina Bausch.
Le danseur étoile Mathieu Ganio, véritable dieu sur scène, incarne un Apollon avec majesté face aux trois muses délicates. En l'absence d'Émilie Cozette, ClaireMarie Ostia interprète une gracieuse Terpsichore. Un ballet plaisant sans trame narrative dont la musique d'Igor Stravinsky emporte les danseurs à une époque mythologique.
Le second ballet de Trischa Brown sur la musique post-moderne de Laurie Anderson interroge les conventions : c'est un travail expérimental, sous un ciel étoilé dessiné par Vija Celmins. Dans cet univers stellaire, les corps parfois réifiés jouent différentes combinaisons mathématiques. À l'exception du magnifique duo de Jérémie Bélingard et Alessio Carbone qui évoluent avec harmonie dans cette galaxie, le ballet paraît un peu daté.
Enfin, le Sacre du printemps de Pina Bausch emporte toute la salle dans un univers de violence des
quatre éléments. La terre, soulevée par les pas saccadés des danseurs, envahit le plateau du Palais Garnier. Avec une grande intensité, le plateau se transforme en terre de souffrance dans ce ballet d'une extrême théâtralité. Les images saisissent et la puissante musique de Stravinsky résonne encore… Saluons Rolf Borzink pour ses costumes magnifiques. Il n'y a plus de chignons mais des cheveux qui volent. Les fluides corps féminins, voilés, courbés, frappés par des gestes répétitifs, se révèlent et parfois se dénudent. C'est la réitération des mouvements qui donne de la force au ballet. Les jeunes filles se livrent aux hommes vigoureux dans un martèlement de douleur. On ne peut s'empêcher de penser que cet univers humain de souffrance est celui d'Adam et Ève, après avoir été renvoyés du Paradis. Miteki Kudo, après un frénétique sacrifice, a été saluée par des salves d'applaudissements pour sa magnifique interprétation de L'Élue.
Marie Torrès
Apollon - O Zlozony/O Composite - Le Sacre du printemps
Ballet de l'Opéra national de Paris
Jusqu'au 31 décembre 2010
Place de l'Opéra
75009 Paris
Métro Opéra
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