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    Trilogia della Villeggiatura – Teatri Uniti di Napoli

    4 janvier 2009
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    Trente ans après la mise en scène de G.Strehler au théâtre de L’Odéon, le Piccolo Teatro di Milano recrée La Trilogia della villeggiatura, cette fois en collaboration avec Teatri di Napoli.

    Toni Servillo a uni dans sa mise en scène la grande tradition strehlerienne à la formidable spontanéité du théâtre napolitain !

    Quel bonheur d’entendre le texte en italien de Goldoni, quelle mélopée, quelle mélodie ! Il file, chante, s’envole, virevolte, palpite, rebondit, et même semble sur le plateau de MC 93. Quel rythme ! Quelle allégresse ! Quel jeu  d’acteurs !

    C’est sans doute un des meilleurs spectacle de la saison. Et cela se termine si vite …

    Toni Servillo dirige superbement les acteurs de la troupe du Teatro Piccolo réunie avec le teatri uniti. Il  dénonce le fanatisme bourgeois de ceux qui veulent paraître plus riches qu’ils ne sont. Tous les personnages merveilleusement campés sont attachants et si extraordinairement ridicules mais jamais méprisables. Tony Servillo, lui a choisi d’interpréter le parasite – jouisseur de la vie. En tant qu’invité, il s’amuse à loisir et n’hésite pas à critiquer ses hôtes. Son regard incisif le rend ingrat et cruel mais tellement drôle. Le qu’en dira-t-on prend toute sa force et s’épanouit si bien qu’il désespère tous ceux qui s’aiment. La bourgeoisie ridicule et frivole s’agite bien inutilement dans le vide. Pour eux, la campagne, c’est la même chose que la ville, s’écrient les petites gens qui eux ont gardé du bon sens contrairement à leurs maîtres.

    C’est incroyable de réalisme et de force ! On se croirait avec eux sous cette nuit étoilée, à l’abri des feuillages, à écouter les grillons ou bien sous ce soleil torride ou encore sous le tonnerre qui gronde. Les décors sont sublimes, simples, épurés et merveilleux. Par exemple, seul le jeu de  lumières indique lorsque l’on est chez l’une ou l’autre famille. Un rideau d’arbres et un superbe tapis de feuilles enveloppent la scène et installent dans la nuit un jeu coquin ou illicite des personnages. La scène de la partie de cartes est formidablement orchestrée. Tout est suggéré, tout est là : la jalousie, le désir, l’ennui, l’excitation du jeu, la folie, l’amour et la présence des invités qui n’attendent qu’une chose : se mettre à table gratis. Les acteurs excellent et ravissent, chacun apporte une couleur et une sensibilité différentes. Le questionnement de la jeune fille nous interpelle : elle se mariera et sera sans doute bien malheureuse. L’honneur et la réputation seront saufs. Seul le couple hors du monde, loin des conventions, étrange et peu ordinaire qui a osé braver le regard d’autrui semble heureux : leur amour résonne ou raisonne avec la joie de vivre ! Bravissimo !

    Marie Torrès
     

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