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    Le facteur sonne toujours deux fois au Théâtre des Mathurins

    23 mars 2009
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    On a tous quelque chose en nous de Californie. Et c’est un peu pour ca que « Le facteur sonne toujours deux fois » a pu être monté au Théâtre des Mathurins. Car cette adaptation de « The Postman Always Rings Twice » publié en 1934 par James M Cain n’est pas la plus grande pièce de théâtre que Paris ait connue. Paradoxalement car, avant d’être adapté pour le théâtre, ce roman fut l’objet de deux jolies adaptations au cinéma, une première en 1946 et la seconde en 1981.

     

    Nick Papadakis, alias Etienne Chicot, accueille un jeune vagabond nommé Franck Chambers, interprété par Olivier Sitruk, dans sa station service isolée dans les terres californiennes. Il lui propose un petit boulot de garagiste dans une période de crise où le travail est rare. Le jeune homme est beau et viril. Le patron de la station est, évidemment, vulgaire, repoussant et marié à une plantureuse jeune femme, Cora alias Laura Presgurvic, moitié moins âgée que lui.

     

    C’est donc dans ce cadre que se lance l’intrigue que tout le monde connaît déjà même sans avoir lu le livre ou vu les films. L’histoire se corse seulement, et c’est dommage, avant l’entracte, nous laissant dans un suspense qui peinait à s’installer et que la pause fait retomber comme un soufflé. La deuxième partie est déjà plus rythmée, les émotions plus fortes et donc l’intrigue plus convaincante. La pièce manque de rythme notamment à cause des changements de décors tous très réussis mais assez nombreux et nécessitant trop d’interludes musicaux. L’ambiance scénique nous fait penser aux tableaux de Hooper, l’univers musical est tout droit issu des années 50, les lumières sont somptueuses, bref il n’y a guère que le jeu qui fasse défaut à cet essai de style. Le couple Olivier Sitruk- Laura Presgurvic se démène pendant une heure et demi mais l’essentiel n’y est pas. Et pour finir, les dialogues manquent cruellement de fond.

     

    Malgré une ambiance scénique appliquée et un Etienne Chicot toujours aussi efficace, Daniel Colas a, peut être, voulu mettre sur les planches une histoire qui n’y tenait pas.

     

    Mathieu Metral

     

    Jusqu’au 29 Mars 2009

    Théâtre des Mathurins

    36 rue des Mathurins

    75008 PARIS

    Métro : Havre Caumartin, Madeleine

    01 42 65 62 46

     

    Tarifs : 39, 28, 20€ (+ 2 € de frais de résa)

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