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    nieuwZwart ou l’art d’exulter signé Wim Vandekeybus

    11 juin 2009
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    La pièce s’ouvre sur un sombre Eden, presque glauque… Image opaque d’un Eden égaré au beau milieu des Enfers, un Eden dont on se demande s’il n’est pas l’incarnation d’un entre-deux-mondes, ou encore d’un monde où la vie terrestre pourrait être subie comme un cauchemar. Echoués ou lovés dans les creux aléatoires d’une couverture de survie qui recouvre la scène, on distingue quelques corps nus. Ces corps dépossédés de pudeur sont empreints d’une contenance spectrale et évanescente. Tour à tour ils s’animent mais pour ne déambuler qu’un peu, à la fois lents et ahuris, avant de retourner se fondre dans un sol étrangement mouvant, angoissante parabole de la notion de survie. Et puis le poète paraît, la musique tonne, le rideau se lève et la couverture glisse, libérant de son emprise des corps adultes. Recroquevillés, les danseurs apparaissent secoués d’une souffrance qui pourrait bien être celle d’un nouveau né abandonné à des premières sensations de vie. Le ton est donné : la danse félidée signée Vandekeybus peut alors s’employer à nous dévorer en beauté.
    Sur la musique originale de Mauro Pawlowski, emblème du rock indépendant belge, les danseurs vont puiser au plus profond de leur individualité pour s’adonner à des mouvements d’une vitalité instinctive aussi déroutante que puissante. Chacun exulte, seul, ensemble ou contre, au moyen d’un geste que l’animalité n’altère pas artiste. Chacun tombe et se confronte, chacun tremble, expire, crie… Et si cette chorégraphie nous touche au plus loin, c’est parce qu’elle nous offre le spectacle d’un instinct de survie qui empêche l’auto destruction d’aboutir et maintient douloureusement l’être, dans un impossible désir de ne plus souffrir.
    C’est à l’énergie du désespoir que l’on adhère ici au-delà du geste, et ce parce qu’elle parvient au moyen d’une violence qui n’empêche pas la poésie. Acide, tumultueuse, spasmodique, la danse remue en s’adressant à la face la plus paradoxale de notre inconscient, à sa veine auto exterminatrice. Wim Vandekeybus est donc ce maître qui sait s’entourer et valoriser ses interprètes, pour mieux nous conquérir par une scénographie propice aux mouvements éclatés.
    nieuwZwart implose, avant d’exploser dans un prodigieux déchirement.
    Christine Sanchez

    nieuwZwart, une création signée Wim Vandekeybus
    Texte Peter Verhelst
    Sur une musique originale de Mauro Pawlowski
    Du 9 au 13 juin à 20h30.

    Tarif : de 13,50 à 26 euros.
    Location : www.theatredelaville-paris.com ou www.fnac.com

    Théâtre de la ville
    2, Place du Châtelet
    75004 Paris – Métro Châtelet

    En tournée :
    18, 19 juin Festival de Marseille
    25-27 juin Taipei Arts Festival (TW) .
    1, 2 juil. Julidans,
    Stadsschouwburg Amsterdam
    5, 6 juil. Festival au Carré,Théâtre Le Manège, Mons (BE)

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