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Alexandre Berdat

30 juillet 2009
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Pour Alexandre Berdat, le théâtre a commencé par un coup d’amour, entraîné au cours Florent par une jeune fille dont il était épris. Pendant deux ans, il fait ses premières armes dans la célèbre institution, passage quasi-obligé pour les jeunes acteurs. De 1997 à 2001, il est l’élève de Jean Darnel, qui lui insuffle l’esprit du métier, que ce soit au théâtre de l’Atelier ou à celui des Cinquante.

Il multiplie alors les rôles au cinéma (Grégoire Moulin contre l’humanité, La bravoure etc.), au théâtre (Le Barbier de Séville, En attendant Godot etc.), à la télévision (Franck Rivat) ou pour des publicités.

1.Quelles sont vos obsessions ?
– L’émotion, être touché par le coeur, sans artifice.

2.Qui sont vos maîtres ?
– Niels Arestrup, Daniel Auteuil, Michel Blanc, Robert de Niro, Martin Scorsese, Polanski, Blier, Bacri et Jaoui.

Chez ce trentenaire à l’aise dans son époque, le sens de la liberté artistique trouve un écho particulier. Il est en effet dans un perpétuel questionnement pour savoir ce qu’il est possible de faire, sans idée préconçue ni doctrine. Comme il le dit lui-même : « ce qui compte, c’est d’essayer, comme dans la direction d’acteurs ». Quelle que soit la prise de risque, il faut tenter de faire, pour exister.

Le costume de comédien semble donc trop étroit pour un jeune homme trop curieux. C’est pourquoi en 2006, il se lance avec son compère, Nicolas Laugero-Lasserre, dans l’adaptation du chef-d’oeuvre d’Antony Burgess, Orange Mécanique (A Clockwork Orange). Projet ambitieux, bel écho médiatique, l’expérience au Cirque d’Hiver est à marquer d’une pierre blanche.

Avec la même approche décontractée, il devient metteur en scène en 2007 des « Destins de la Dame brune » avec Claire Latreille et Gérard Desestre au Théâtre Pandora et de « Je mourrai plus que toi » au théâtre du Nord-Ouest.

 

Sa méthode ? De l’avis de ses comédiens, c’est un directeur d’acteurs souple, loin de tout dirigisme. De tout intellectualisme aussi : il souhaite laisser s’exprimer les émotions, les propositions, d’où qu’elles viennent, quelles qu’elles soient. Les séances de travail deviennent ainsi un moment de création galvanisant, plus vivant et plus intense que les plateaux de cinéma qu’il a pu côtoyer.

Avec humilité, il explique que, pour lui, la mise en scène, ce sont avant tout « deux artistes qui cherchent ensemble ». L’essentiel étant de « ne pas avoir de certitudes, d’être dans un état permanent de recherche et de remise de question ».

Comme dans tous ses projets, il fonctionne au coup de coeur, sans schéma préétabli ni plan de carrière. Il pense au cinéma mais pour le moment, c’est le théâtre qui a ses faveurs, « plus vrai, sans tricheries, avec une prise de risque plus importante ». Une passion qui le comble pour faire ressentir des émotions au public. Pour sa dernière pièce, « Le Cheval évanoui » de Françoise Sagan, il a très vite été inspiré par la chronique de cette vieille famille de l’aristocratie anglaise dont l’équilibre affectif va basculer avec les rêves d’or et d’argent de la jeune génération.

 

Toujours à l’affût, entre l’écriture d’un long-métrage et des séries comiques pour la télévision, la prochaine adaptation devrait être celle de Midnight Express de William Hayes, sur une idée de Nicolas Laugero-Lasserre, dont a été tiré le célèbre film d’Alan Parker, sorti sur les écrans en 1978.

 

Last but not least, entre deux séances d’écriture, le jeune homme donne des cours à des jeunes acteurs au sein de la compagnie qui porte son nom, au théâtre Pandora à Paris. Cela lui permet d’affûter son regard de metteur en scène pour élargir encore son champ des possibles.

 

En bref, un artiste au registre large, curieux d’embrasser toutes les facettes de la création théâtrale et audiovisuelle pour gagner, enfin, sa liberté.

Propos recueillis par Sophie Gasol.

Site d’Alexandre Berdat.
Site de la Compagnie Alexandre Berdat
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Lire la présentation de la pièce « Le Cheval évanoui ».
Lire la critique de la pièce « Le Cheval évanoui ».

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