Pièce détachée de Thierry Buenafuente mise en scène par Florence Foresti
Tout commence par un air de déjà-vu. Une comédie de boulevard qui vous fait sourire, sans vous transporter de rire : nous sommes le 31 décembre. Edouard, publicitaire dans une agence de communication, rentre des Etats-Unis pour présenter à ses anciens associés, avec qui il a gardé de plus ou moins bonnes relations, sa nouvelle compagne « Katherine ». Rien n’est prêt, les invités se pressent à la porte, les reproches fusent et les quiproquos avec. Jusqu’à minuit, tout ce petit monde tente vaille que vaille de s’entendre. Mais aux douze coups (ou presque)… tout bascule dans une autre dimension.
L’éclat de « Pièce détachée » tient d’abord au texte, plein de malice, de Thierry Buenafuente, directeur du café-théâtre Le Nombril du Monde. En se jouant des codes et de ces airs de déjà-vu, l’auteur construit une trame narrative surprenante qui emmène le spectateur, au seuil de la nouvelle année, sur un véritable boulevard du rire. Les répliques fusent, laissent le spectateur sans répit, montrant ainsi, de la part de l’auteur, toute sa maîtrise des codes du genre.
Dans une atmosphère explosive, le texte s’incarne dans une troupe de cinq comédiens, à l’énergie hautement communicative : Sébastien Bonnet, Thierry Buenafuente en chair et en os, Emmanuel Huc, Célandine Parent et Thierry Teki. Plutôt que des personnages qui s’isoleraient et se distingueraient les uns des autres, c’est l’énergie du groupe qui prime ici et qui est utilisée comme un formidable vecteur et amplificateur d’humour. Chacun à leur place, il contribue au rire collectif sous la houlette de Thierry Buenafuente, plein de justesse dans un rôle qui lui sied à merveille (à croire qu’il a fait ça toute sa vie !).
Dernier ingrédient au cocktail, la mise en scène, orchestrée de mains de maître par Florence Foresti, qui montre ici toute son expérience et son intelligence de la mécanique du rire. Dans une ambiance acidulée, avec sa touche pleine de peps, elle parvient à faire s’imbriquer parfaitement le jeu des comédiens à la musique, aux décors et à la lumière, pour engendrer le rire à la seconde. Un grand bravo pour une première !
Après 1h 15 de fou rire, on ressort donc de cette pièce tout simplement revigoré et régénéré. Un antidote anti-déprime et anti-stress à prescrire de toute urgence !
Sophie Gasol.
Jusqu’au 30 septembre 2009.
Théâtre de la Gaîté Montparnasse.
Tarifs : de 18 à 38 €.
Du Mardi au samedi à 19h.
Le dimanche à 15h.
Tél : 01 43 20 60 56.
26, rue de la Gaîté
75014 Paris.
Métro : Gaîté – Edgar Quinet – Montparnasse Bienvenüe
Bus : 28 – 58 – 92 – 94 – 96 – 89 – 68 et 82
Article lié : présentation du spectacle.
Articles liés

Au Théâtre des Champs-Elysées, le Dutch National Ballet rend hommage à Hans van Manen
La programmation TranscenDanses du Théâtre des Champs-Elysées offre régulièrement l’occasion de découvrir de grandes compagnies venues de l’étranger. Pour clôturer en beauté la saison, le Dutch National Ballet est invité avec un programme consacré à Hans van Manen, chorégraphe...

À Avignon, « L’hors-présence » de Tiphaine Raffier captive
Dans une scénographie lumineuse de précision, Thiphaine Raffier compose un spectacle hors-limite qui questionne, aujourd’hui plus que jamais, la manière dont nos sociétés occidentales accueillent la fin de vie. Au croisement du réalisme et de la mythologie fantastique, grâce...

“La Dame de chez Maxim” de Georges Feydeau, adapté par Philippe Person, à découvrir au Lucernaire
Ciel, mon Paris ! Le docteur Petypon a passé la nuit chez Maxim avec son ami Mongicourt. Ce dernier le retrouve endormi… à midi ! De la chambre sort la Môme Crevette, danseuse du Moulin-Rouge… Le général Petypon, l’oncle,...






