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    Cinémathèque Française – Rétrospective Jim Carrey

    10 février 2010
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    Affiche_Truman_Show

     

    Ce film réalisé il y a plus de dix ans (1998) demeure un film hors du commun et pour l’époque fort clairvoyant. The Truman Show raconte la vie d’un homme marié, Truman Burbank (Jim Carrey), qui vit sur une île nommée Seaheaven. Un monde à part, isolé, exclusif pourrait-on dire. Sa femme Meryl semble l’aimer. Pourtant il ne peut s’empêcher de repenser à Sylvia et au baiser échangé un soir au bord de la plage. Sa vie paisible se bouscule lorsqu’il décide de pousser les limites de sa vie, afin de retrouver le doux visage perdu de cette Sylvia. Les événements qu’il déclenche alors se précipitent et semblent éclairer un mensonge bien plus grand qu’il ne pouvait imaginer.


    Ceci dévoile l’intrigue : Truman va petit à petit réaliser que le monde qui l’entoure est en fait une émission de TV réalité dont il est le personnage central. Tout a été conçu, instrumentalisé, mis en scène depuis sa naissance. Si tous sont embarqués dans ce scénario, il lui reste un choix à faire : l’accepter ou le refuser. (The Truman Show donnera son nom au Syndrome Truman, cette impression d’être le héros involontaire d’une émission de télé).


    Ce film est un film captivant. Dès les premières minutes, l’atmosphère est sensible, envoûtante. Le jeu de Jim Carrey est accrocheur, son naturel est sidérant. Il nous convainc et nous donne envie de s’attacher à lui, de regarder ce qu’il voit. Si le film parle de mensonge, d’illusion, l’authenticité du jeu de Jim Carrey contrebalance parfaitement avec ce monde entièrement orchestré. Perché dans la Lune, Ed Harris, dit Christof, joue le rôle du concepteur, Dieu créateur tout puissant. Très appliqué dans son rôle, il impose à l’image comme une force tranquille. Il découvrira que son « chef-d’œuvre » n’est pas aussi docile qu’il le pensait.


    Il n’est pas étonnant que Jim Carrey obtienne le Golden Globe du Meilleur acteur dans un drame ainsi qu’Ed Harris pour le meilleur second rôle masculin. Les mimiques habituelles de Jim Carrey (The Mask, Disjoncté, etc.) ont été mises de côté pour une véritable prestation. Il faut aussi rajouter qu’un Golden Globe fut remporté pour la meilleure musique de film, grâce au talent combiné de Burkhard Dallwitz et de Philip Glass. Ce dernier nous éblouit plus particulièrement par sa poésie musicale. Les images s’harmonisent parfaitement à la musique.


    Outre de très bons acteurs et une musique prodigieuse, The Truman Show fut un film particulièrement remarquable pour son histoire. Peter Weir, le réalisateur de Witness et du Cercle des Poètes disparus détonna encore par son sujet. Ce film pose de judicieuses questions : Il est dit que Truman est le premier enfant à être légalement adopté par une émission de TV. Où doivent être placées les limites de la TV réalité ? Est-ce que ce genre d’émission est nécessaire ? Quels sont aujourd’hui les cas de tv réalité ? Comment considérer les personnes faisant partie intégrante de ce jeu, comme des joueurs, des miroirs de notre société ou des prisonniers ? Et enfin quelle est la place de la télé dans la société ? Cette aventure nous entraîne dans un film poétique, simple mais brillant. Les acteurs sont soignés et irréprochables.


    La morale nous donne à penser : Si un dieu nous a créés (de la même manière que Christophe a conçu et façonné Truman), il nous a donné une chose : le libre-arbitre. Le choix de croire en lui ou pas. La possibilité de choisir entre accepter les règles du monde qui nous entoure ou de s’en créer de nouvelles.


    Jules Le Fevre

     

    Lire aussi sur Artistik Rezo I Love you Phillip Morris.

     

     


    Distribution :

    Jim Carrey : Truman Burbank

    Ed Harris : Christof
    Laura Linney : Meryl
    Noah Emmerich : Marlon
    Natascha McElhone : Lauren Garland / Sylvia
    Holland Taylor : La mère de Truman
    Brian Delate : Le père de Truman

    Réalisation :

    Réalisation : Peter Weir
    Scénario : Andrew Niccol
    Production : Scott Rudin, Andrew Niccol
    Musique originale : Burkhard Dallwitz
    Musique additionnelle : Philip Glass

    Année de production :

    1998

    http://www.cinematheque.fr

    Jusqu’au 14 Février 2010

    La Cinémathèque française
    51, rue de Bercy
    75012 Paris

    Informations : 01 71 19 33 33

    Métro Bercy

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