La Prima Linea – Riccardo Scamarcio
Il est impressionnant de voir aujourd’hui le nombre de films italiens revenant sur les heures les plus sombres qu’a connues le pays. En vingt ans de massacre, l’Italie a plongé dans l’ultra violence en étant victime d’une guerre civile entre activistes fascistes et communistes. Tout commence à la fin de l’année 1969 avec l’explosion d’une bombe à la banque nationale de l’agriculture à Milan faisant 17 morts. C’est le début d’une série d’attentats faisant chaque jour de plus en plus de morts jusqu’à ce 9 mai 1978. A 13h30, le cadavre du politicien Aldo Moro est retrouvé dans une Renault 4 rouge. Cela marquera le début d’une série de meurtres politiques sans précédent.
Revenir aux sources
Le réalisateur Renato De Maria aborde tous ces moments historiques de façon intelligente et dévoile des images d’archives présentées de façon chronologique au début de son film. Ce qui est parti de simples révoltes dans les années 60 a atteint des proportions gigantesques dans les années 70. Alors que Marco Bellocchio avait brillement évoqué dans son film Buongiorno notte (2003) l’engagement des Brigades Rouges à travers les yeux d’une de leur recrue, Renato De Maria choisit de parler d’un autre groupe terroriste tout aussi connu, La Prima Linea, en donnant la parole à l’un de ses anciens partisans.
Un confessionnal
Malheureusement, le réalisateur commet une grande faute dans son manque de recul face à son sujet. En choisissant de prendre comme narrateur le chef de groupe de ce parti activiste Sergio Segio, De Maria ne souhaite pas porter un regard critique mais semble prendre la défense de ces assassins, pris dans une spirale infernale et dont le dévouement ne pourra conduire qu’à une impasse tragique. Le spectateur semble immédiatement captivé par la confession donnée face à la caméra par Sergio Segio (joué par Riccardo Scamarcio) invoquant son passé, mais se perd rapidement dans ces flash-back continus et parfois trop longs.
De beaux acteurs
Pour évoquer cette cause perdue d’avance et cette pathétique nostalgie, Renato De Maria a choisi deux acteurs parfaits se faisant écho à travers leurs magnifiques yeux verts transparents. Riccardo Scamarcio est tout en retenue et impassible comme il faut tandis que Giovanna Mezzogiorno nous rappelle les somptueux moments du film Vincere du même Marcho Bellocchio. Autour d’eux s’agite une bande d’Italiens tout aussi parfaits qu’habités. Produit par les frères Dardenne, on sent dans la réalisation de Renato De Maria une tension empruntée aux réalisateurs belges tout en manquant de vraie originalité. La musique quant à elle ne fait qu’accentuer cette nostalgie inutile à coup de légères notes de piano et de violons.
Bien que le réalisateur ait choisi de montrer le repenti d’un ancien terroriste en se basant sur son propre livre et en le faisant parler à travers l’acteur Riccardo Scamarcio, Renato De Maria ne porte pas de jugement personnel mais semble soutenir malgré tout (et malgré lui) les bavures du jeune activiste. On félicite tout de même le cinéma italien de revenir autant sur son passé.
Edouard Brane
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