0 Shares 4800 Views

    Michal Batory – Musée des Arts Décoratifs

    21 janvier 2011
    4800 Vues
    photo_affiche_Michal_Batory_ciseaux

     

    L’ « imagier » de Batory est composé de centaines d’affiches commandées par de grands noms de la culture parisienne : Palais de Chaillot, Théâtre de la Colline, Ircam, Centre Pompidou… Cette exposition feutrée est une rétrospective des oeuvres de l’artiste. Mais Batory en donne plus et livre ses secrets de fabrication. Il met en scène les éléments constitutifs de la création de plusieurs affiches : une fleur fanée, des allumettes brûlées, des plumes, une paire de ciseaux, ustensiles et matériaux divers pour expliquer des cheminements d’idée et leurs concrétisations.

     

    Ici, on organise aussi des retrouvailles. Ancrées à notre insu dans un recoin de notre mémoire, ces affiches s’imposent à nous comme de vieilles connaissances rencontrées quelque part. Mais où, au fait ?… Dans la rue, bien sûr ! Elles sont de celles qu’on n’oublie pas, tout droit sorties d’une imagination féconde et d’une réflexion poétique.

     

    Et déjà elles nous manquent, enveloppés que nous sommes d’un  quotidien d’images urbaines dépourvues d’âme et d’esprit. L’art de l’affiche aujourd’hui en France est une survivance, une incongruité, presqu’un paradoxe. Né en Pologne, Michal Batory vient du pays qui révolutionna le monde de l’affiche dans les années 60-70. Après des études à l’Ecole des Arts Plastiques de Lodz, il vient s’installer à Paris. Depuis une vingtaine d’années, il forge son art dans le silence de son atelier, en utilisant des outils bien à lui et identifiables.

     

    Un croquis, une idée, un dessin, une photo, un collage, un photomontage, des couleurs. Chez Batory, les associations se font souvent par deux. L’effet est presque toujours insolite. Ses histoires picturales sont construites avec des prolongements inattendus, des rencontres fortuites, des détournements poétiques.

     

    Michal Batory expose son art dans la rue et sa stratégie est celle du harponneur. Touché par l’énigmatique  visuel, le passant poursuit son chemin, en apparence indemne. Mais son esprit est captif. Il s’étonne, s’interroge, se trouble, plongé malgré lui dans une quête de sens. Chaque affiche est une énigme, qu’il tente de décoder. Il n’y arrivera qu’à l’issue du spectacle.

     

    Sylvie Ramir

     

     

    Michal Batory Artisan de l’affiche

     

    Du 20 janvier au 30 avril 2011

     

    Musée des Arts Décoratifs
    107, rue de Rivoli
    75001 Paris

     

    En ce moment

    Articles liés

    “Mozart, le dernier voyage à Paris” : un spectacle musical de et avec Camille de Léobardy à l’Essaïon Théâtre
    Agenda
    966 vues

    “Mozart, le dernier voyage à Paris” : un spectacle musical de et avec Camille de Léobardy à l’Essaïon Théâtre

    Saviez-vous que le dernier voyage de Mozart à Paris a été un tournant dans sa vie ? Une aventure libératrice méconnue, en musique évidemment ! Au printemps 1778 Mozart arrive à Paris dans le but de faire connaître sa musique et...

    L’humour vous donne rendez-vous pour une soirée spéciale du “Point Virgule fait l’Olympia” le 6 juin 2026 !
    Agenda
    85 vues

    L’humour vous donne rendez-vous pour une soirée spéciale du “Point Virgule fait l’Olympia” le 6 juin 2026 !

    Depuis 50 ans, Le Point Virgule, la plus petite des grandes salles parisiennes, accompagne et révèle les nouveaux talents de l’humour ! Né de l’initiative de Jean-Marc Dumontet, ce rendez-vous est devenu une véritable institution de l’humour. Il a révélé...

    “La Nouvelle Antigone, Le mythe s’empare du climat” : la réécriture moderne du mythe de Sophocle à découvrir
    Agenda
    88 vues

    “La Nouvelle Antigone, Le mythe s’empare du climat” : la réécriture moderne du mythe de Sophocle à découvrir

    La Nouvelle Antigone arrive à Montreuil. Deux soirs à La Parole Errante pour faire entendre une Antigone contemporaine, traversée par les questions de jeunesse, de démocratie, d’écologie et de désobéissance.  Antigone est la nièce du Président Créon. Alors que...