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    Marie d’Agoult – Une sublime amoureuse

    4 mars 2011
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    « Je voudrais que ce grand amour […] fût respecté et honoré après ma mort. »

    Ainsi parlait Marie d’Agoult plus de dix ans après sa rupture orageuse avec Franz Liszt. De cette passion qui avait tenu une telle place dans sa vie, elle ne voulait garder que le meilleur, sans regret. Et pourtant, comme avec George Sand et Alfred de Musset, on ne retient souvent des liens entre la comtesse et le musicien que l’aspect dramatique dont Marie ne sort généralement pas grandie.

    Bon nombre de biographes de Liszt en effet se montrent bien sévères avec elle en l’accusant d’avoir surtout empoisonné l’existence du compositeur. Il faut dire aussi que le caractère instable, ambivalent et compliqué de Marie d’Agoult rend son histoire et sa personnalité d’autant plus fascinantes et troublantes. Au mépris des convenances, elle quitta mari et enfant pour Franz Liszt, alors jeune virtuose de 24 ans. Cette aristocrate a osé défier la société dans laquelle elle était née, pour vivre sa grande histoire. Mais c’était aussi un être fragile, dépressif, plein de doutes et de contradictions face à un artiste puissant et un homme à la fois sensible et égoïste. En se penchant sur son parcours, en lisant ses Mémoires, ses textes intimes et ses lettres, elle apparaît tantôt bouleversante et attachante, tantôt froide et orgueilleuse. « Six pouces de neige sur vingt pieds de lave », se résumait-elle avec justesse.

    Toute la complexité de Marie d’Agoult s’exprime dans sa passion intellectuelle et sensuelle avec Liszt dont on peut suivre les méandres grâce à leur correspondance. Plus largement, ce vaste échange de lettres reflète bien les malentendus et les complicités qui sont le lot de toutes les histoires d’amour. Plus de deux siècles plus tard; Marie d’Agoult et Liszt parlent encore aux amoureux d’aujourd’hui qui se reconnaîtront dans certaines de leurs réactions et de leurs sentiments. Ariane Charton analyse cette liaison célèbre pour montrer que Marie d’Agoult a été bien plus que la mère des enfants de Liszt, dont la fameuse Cosima, future Mme Wagner. Elle fut aussi une inspiratrice pour un jeune musicien qui sans elle n’aurait jamais vécu et composé ses magnifiques Années de pèlerinage.

    Si Marie incarne à merveille certaines valeurs féminines faites de douceur et d’hypersensibilité, elle a eu aussi à coeur de montrer, par ses écrits, que la femme devait conquérir une place dans la société. Etre une alliée pour l’homme, non une esclave. Marie d’Agoult a été une féministe romantique qui mérite sa place aux côtés de George Sand et de Simone de Beauvoir, deux autres grandes amoureuses éprises aussi de liberté et d’absolu.

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