L’Ombre de la Guerre – MEP
Pourquoi une énième réflexion sur la guerre, me direz-vous ? Oui, on le sait, la guerre, c’est mal, mauvais, négatif, contre-productif… Le contemplateur de la photo, bien au chaud dans son musée ou devant son quotidien, se contente de se carrer bien plus confortablement dans sa situation, en bénissant son propre Jésus personnel de ne pas être sur place. La guerre… encore ! Ne pouvons-nous pas être laissés en paix, puisque nous ne pouvons rien y changer ?
L’exposition regroupe 90 photographies marquantes de reportages de guerre, du Milicien espagnol frappé à mort de Robert Capa, aux derniers conflits libanais, en 2006 ; 70 ans de sangs, de larmes, de désespoir. Organisé par Contrasto, une célèbre agence de presse photojournalistique italienne, l’événement prend sa place dans le projet « Science for peace » de la fondation Veronesi.
Ici, les photos crues et cruelles sont assorties de cartels extrêmement intéressants, qui replacent les choses dans leur contexte. Les photographes livrent leurs témoignages, sans détour, rapportant leurs propres souffrances. Ils ne sont plus les témoins impassibles que l’on imagine, voyeurs tranquilles des conflits ordinaires. On pourra ainsi lire sur place un impressionnant cartel sous forme de bilan comptable : la guerre, ce que ça coûte, et donc ce qu’on pourrait économiser.
Le spectateur est ainsi amené à mener une réflexion non seulement sur la guerre, mais sur l’impact des publications photographiques ; des photos partisanes des premières heures jusqu’aux tortures d’Abou Graïb, des photos de propagandes aux clichés volés, dévoilés, le glissement visuel s’opère dans la conscience du spectateur. Notre oeil a-t-il changé ? La violence est-elle toujours la même ? Avons-nous repoussé les limites de l’insoutenable ? On peut se le demander en regardant les clichés de Corinne Dufka. Les amateurs d’esthétisme retrouveront leurs marques avec les travaux saisissants de James Nachtwey ou Sebastiao Salgado, toujours habités par la fièvre de l’esthétisme.
Bien sûr, on pourra s’étonner d’une sélection qui ne choisit que deux photos du génocide rwandais, ou qui accepte les « états de guerre » et « frictions » dans son commissariat. Mais ne nous froissons pas pour si peu, les guerres se valent bien toutes lorsqu’il s’agit de marquer des points dans la hiérarchie des douleurs. Une grande exposition sur le XXème siècle, mais également sur ses conséquences : notre temps.
A lire sur Artistik Rezo :
– les meilleures expositions cet été à Paris
– Jane Evelyn Atwood (aux mêmes dates à la MEP)
L’Ombre de la Guerre
Du 29 juin au 25 septembre 2011
Ouvert tous les jours de 11h à 20h, sauf les lundis, mardis et jours fériés.
Plein tarif : 7 € // Tarif réduit : 4 €
Plus de 60 ans, famille nombreuse, étudiant, enseignant, demandeur d’emploi, bénéficiaire de l’aide sociale et du RMI, Maison des artistes, les abonnés des lieux partenaires.
Gratuité aux moins de 8 ans en individuel, personne handicapée , accompagnateur de groupe, personnel de la Ville de Paris, carte presse et tous les mercredis de 17h à 20h
Maison Européenne de la Photo
5/7, rue de Fourcy
75004 Paris
M° Saint Paul ou Pont Marie
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