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    Cendrillon – Ateliers Berthier

    21 octobre 2011
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    Cendrillon - Ateliers Berthier

    Comme l’écrit François Flahault, les grands contes sont initiatiques : « Comment ne pas devenir l’otage des liens dans lesquels nous nous sommes constitués ? comment nous en détacher suffisamment pour en former de nouveaux ? comment devenir soi ? ».

    Rituels, donc, mais rituels d’ouverture à la liberté, les contes sont faits pour être constamment réinventés par leurs conteurs, et qu’il s’agisse du Petit Chaperon rouge, de Pinocchio ou de Cendrillon, leurs héros ne se laisseront jamais enfermer une fois pour toutes dans un texte – jamais leurs aventures ne cesseront de se transformer, d’un livre ou d’un soir à l’autre. Ce trait explique peut-être l’intérêt de Joël Pommerat pour les contes, car il s’accorde remarquablement à sa propre façon de concevoir le travail de l’écriture. Pommerat, en effet, l’a souvent déclaré : il n’écrit pas des textes, mais des spectacles, dont ses livres, après coup, ne constituent que des traces.

    Pour approcher un destin comme celui de Cendrillon, il ne faut surtout pas, selon lui, partir de réponses ou de certitudes (« Cendrillon, c’est l’histoire de… »), mais de questions ou d’intuitions, même si elles paraissent brutales (« Je veux faire une pièce pour enfants sur le deuil et la mort »), puis laisser s’aimanter autour d’elles toutes sortes de matériaux d’apparence d’abord disparate qui vont peu à peu réagir entre eux, se dissoudre, se précipiter, jusqu’à trouver leur consistance et leur équilibre propres – très loin, peut-être, de ce que semblaient laisser prévoir les fondements de la recherche. Il faut se rendre disponible à des matières : verre, cendres, éclat scintillant ou sombre de certaines atmosphères. Il faut noter des fragments sonores, esquisser des contrastes et des trajets – à l’heure qu’il est, Pommerat imagine un progrès vers toujours plus de transparence, mais ce n’est qu’une direction de travail. Il faut laisser croître des buissons d’histoires plus ou moins épineuses sans se soucier trop tôt de les tailler ; peupler un fouillis de lieux obscurs (et qui peut-être le resteront) de figures incertaines et transitoires, prenant corps et consistance au contact de situations qu’une notation trop précise risquerait de dépouiller de leur magie. Il ne faut donc surtout pas, il y a à cela des raisons profondes, vouloir anticiper sur le visage de cette future Cendrillon.

    Pommerat lui- même ne le connaît pas et ne veut pas encore le connaître, car le connaître avant le temps reviendrait à l’avoir perdu. Patience, donc : cela s’appelle une création.

    Aux mêmes dates au Théâtre de l’Odéon :
    NO83 [Comment expliquer des tableaux à un lièvre mort] (du 4 au 10 novembre 2011)

    Cendrillon

    Texte original de Joël Pommerat d’après le mythe de Cendrillon

    Mise en scène de Joël Pommerat  
    Scénographie & lumière d’Éric Soyer

    Avec Alfredo Cañavate, Noémie Carcaud, Caroline Donnelly, Catherine Mestoussis, Deborah Rouach, Marcella Carrara (La voix du narrateur) et Nicolas Nore (le narrateur) et José Bardio

    Costumes : Isabelle Deffin // Son : François Leymarie // Musique originale : Antonin Leymarie // Vidéo : Renaud Rubiano 

    Du 5 novembre au 25 décembre 2011
    Les mardis, vendredis et samedis à 20h
    Les mercredis à 15h

    Représentations en langue des signes : le mercredi 7 décembre à 15h et le jeudi 8 décembre à 14h30 

    Plein tarif : 28€ // Accompagnateur adulte : 18€ // Enfant de moins de 15 ans : 9€ // Écoles primaires, Centres de loisir : 6€ 

    Réservations : 01.44.85.40.40

    Durée : 1h20 

    Ateliers Berthier
    1, rue André Suarès
    75017 Paris
    M° Porte de Clichy

    www.theatre-odeon.fr

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