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    Amadis de Gaule – Opéra Comique

    3 janvier 2012
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    amadis

    Amadis de Gaule de Jean-Chrétien Bach (créé en 1779) s’apparente à un cours d’histoire consacré à la musique. Il faut dire que l’œuvre appartient au courant préclassique située entre le genre baroque et le genre classique. Si l’héritage d’un Gluck se fait sentir par son discours musical continu, il rappelle et annonce à la fois les œuvres de Lully, Haendel, Charpentier, Gretry et naturellement Mozart.

    Pris en sandwich entre deux styles qui ont été sur le devant de la scène ces dernières années, Amadis de Gaule symbolise le renouveau d’un courant musical trop longtemps oublié, celui du préclassicisme. Et qui de mieux pour présenter cette œuvre que le jeune Jérémie Rhorer et son Cercle de l’Harmonie ? Après un disque consacré au même Jean-Chrétien Bach avec Philippe Jaroussky (La Dolce Fiamma, Virgin Classics) et un concert le 5 janvier Salle Favart dédié à la naissance de la symphonie, son ambassadeur a été trouvé en sa personne, accompagné de son orchestre qui sonne toujours autant baroqueux.

    Deux siècles d’histoire

    6096614_e6baa9209f_mL’histoire d’Amadis de Gaule remonte à 1508 avec la publication du roman médiéval signé Garci Rodriguez de Montalvo. Suivront l’opéra de Lully en 1684, celui de Haendel en 1715 et de Jean-Chrétien Bach en 1779. Le metteur en scène Marcel Bozonnet est parti de cette chronologie pour présenter une production qui revisite deux siècles de mise en scène. Tout commence dans un décor et des costumes moyenâgeux pour glisser petit à petit vers la gestuelle et la machine baroque pour enfin arriver au classicisme naissant avec ses danses, ses justaucorps et robes flottantes. Outre la musique, ce sont les personnages qui synthétisent ces différentes périodes : les sorciers Arcabonne et Arcalaüs jaillissent de l’Amadis de Lully alors que le paladin Amadis annonce l’Idoménée de Mozart, tandis que sa dulcinée Oriane émane de L’Amant Jaloux de Gretry.

    Diction française

    Capture_decran_2012-01-03_a_23.50.58On pourra reprocher à l’œuvre d’avoir un livret quelque peu désuet, mais devant les décors d’Antoine Fontaine et les chorégraphies de Natalie Van Parys, la magie prend forme sur scène, et particulièrement au troisième acte. Celui-ci permet de faire ressortir une certaine folie avec l’arrivée d’Urgande venue du ciel dans un décor où elle prend la forme d’une pupille d’un œil de dragon enflammé ! C’est surtout grâce à la dextérité des danseurs Gilles Poirier et Artur Zakirov que les chanteurs sortent de leur rigidité. Engagés, ils le sont tous et font preuve de puissance vocale à l’image des sopranos Julie Fuchs (1ère Coryphée) et Hélène Guilmette (Oriane) au côté du ténor guerrier Philippe Do (Amadis).

    Seul opéra composé en français par Jean-Chrétien Bach, la diction se doit d’être parfaitement travaillée, ce qui est ici le cas de tous, même celle des anglophones Allyson McHardy (Arcabonne) et Franco Pomponi (Arcalaüs). Seul regret : celui de voir une œuvre trop peu jouée et qui mérite amplement d’être enregistrée dans sa langue natale. En attendant, nous ne pouvons que conseiller d’écouter la version enregistrée par Helmut Rilling… en allemand ! Une bonne façon toutefois de (re)voir ses classiques.

    Edouard Brane (Twitter: Cinedouard)

    Amadis de Gaule

    Tragédie lyrique en 3 actes de Jean-Chrétien Bach
    Créée à l’Académie royale de musique le 15 décembre 1779
    Livret d’Alphonse de Vismes d’après Philippe Quinault

    Direction musicale de Jérémie Rhorer

    Mise en scène de Marcel Bozonnet
    Chorégraphie de Natalie van Parys
    Scénographie et décors d’Antoine Fontaine

    Costumes de Renato Bianchi
    Lumières de Dominique Bruguière

    Compagnie Les Cavatines 
Les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles
    Le Cercle de l’Harmonie

    Les 2, 4, et 6 janvier 2012 à 20h
    Le dimanche 8 janvier 2012 à 15h

    Introduction à l’œuvre 40 minutes avant chaque représentation

    Tarif A : 115, 95, 70, 40, 15, 6€

    Durée : environ 2h sans entracte

    Opéra comique
    Salle Favart
    Place Boieldieu
    75002 Paris

    www.operacomique.fr

    [Crédit Photo: © Pierre Grosbois pour l’Opéra Comique]

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