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    L’Amour des trois oranges – Opéra Bastille

    1 juillet 2012
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    4735_AMO005-061Invité par les plus grands théâtres, le chef d’orchestre Alain Altinoglu dirige tout en nuances la musique de Prokofiev et enthousiasme le public. Difficile de ne pas battre la mesure ou de ne pas remuer sur son siège lors de la célèbre marche du XXème siècle. S’inspirant de Gozzi et de son théâtre surréaliste, secondé par le grand dramaturge russe Meyerhold, Prokofiev compose avec L’Amour des trois oranges un des opéras bouffes les plus réjouissants de l’histoire, une fable brillante et savoureuse, un anti-théâtre radical et jubilatoire.

    En quelques mots, l’Amour des trois oranges est un conte de fées dans l’univers du cirque. La mise en scène allie la poésie de la pantomime et des vrais sentiments, le comique des personnages de la commedia dell’arte à la magie, voire le théâtre d’ombres. On retrouve de véritables numéros de cirques très spectaculaires : jongleurs, acrobates, prestidigitateurs, paillettes et envols féériques qui émerveillent. Le décor circasien vertigineux de William Orlandi emplit l’immense plateau de l’Opéra Bastille.

    Hors scène et sur scène, la figure du clown est démultipliée à l’envi, unique et innombrable, masquée et en salopette blanche. Ce choeur présent, assiste à la représentation scénique, monte et démonte à vue le décor, fait la claque et comme un choeur antique intervient pour commenter et aider le héros dans sa quête initiatique.

    Familiarisés avec l’univers merveilleux du conte par leurs lectures, les enfants ne sont pas dépaysés dans cet espace scénique. La trame de l’Amour des trois oranges contient, en effet, tous les ingrédients du conte de fées traditionnel et merveilleux : tout est signe pour le jeune spectateur. Une couronne qui vacille symboliquement, une ogresse monstrueuse par la taille et son tablier tâché de sang, armée d’un couteau géant qui descend tout seul, gardienne des trois oranges. Un prince qui cherche à s’affranchir de son père. Une méchante fée sortie d’un univers ténébreux, des adjuvants bienveillants dont un fidèle serviteur et un mage. Autant de lectures à différents niveaux sont  possibles et satisfont les petits comme les spectateurs les plus avertis.

    5490_-DSC8747Véritable Pierrot lunaire, la très belle présence du ténor américain Charles Worman crée un prince inoubliable. De ses mouvements amples et harmonieux, se dégage une grâce poétique pleine de charme. Sa voix puissante et ronde emplit l’espace scénique. Le somptueux ténor confère au personnage une force qui gagne tout l’auditoire. Ravissante et drôle, Lucia Cirillo apporte force fantaisie en Sméraldine. Le roi de Trèfle, Alain Vernhes est  très applaudi. Éric Huchet campe un Truffaldino pétillant, couard et téméraire à la fois, issu de la Commedia dell’arte. On adore la mise en scène de l’ogresse, personnage loufoque, à la louche géante. Ce rôle travesti fait son effet. Le superbe baryton Vincent le Teixier s’amuse en mage malhabile.

    La fantaisie théâtrale, puissante et moderne de cet opéra a conquis tous les coeurs.

    Marie Torrès


    L’Amour des trois oranges

    Opéra en 4 actes et un prologue de Sergueï Sergueïevitch Prokofiev (1921)
    En langue française 
    Livret du compositeur d’après la comédie de Carlo Gozzi
     
    Direction musicale, Alain Altinoglu
    Mise en scène, Gilbert Deflo
    Décors et costumes, William Orlandi
    Lumières, Joël Hourbeigt
    Chorégraphie, Marta Ferri
    Chef de chœur, Alessandro Di Stefano

    Alain Vernhes, Le Roi de Trèfle
    Charles Workman, Le Prince 
    Patricia Fernandez, La Princesse Clarice
    Nicolas Cavallier, Léandre
    Éric Huchet, Trouffaldino
    Igor Gnidii, Pantalon
    Vincent Le Texier, Tchélio
    Marie-Ange Todorovitch, Fata Morgana
    Alix Le Saux, Linette
    Alisa Kolosova, Nicolette
    Amel Brahim-Djelloul, Ninette
    Hans-Peter Scheidegger, La Cuisinière
    Antoine Garcin, Farfarello
    Lucia Cirillo, Sméraldine
    Alexandre Duhamel, Le Héraut 
    L’Orchestre et Chœur de l’Opéra national de Paris

    Tarifs : 5€ // 15€ // 40€ // 75€ // 95€ // 115€ // 135€ // 155€ et 180€

    Contact : 08.92.89.90.90

    Opéra Bastille
    130, rue de Lyon
    75012 Paris

    www.operadeparis.fr 

    [Crédit (de bas en haut) : Opéra national de Paris/ Ch. Leiber // Opéra national de Paris/ E. Mahoudeau]

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