Le Sucre du Printemps – Théâtre national de Chaillot
Ils portent des chemises blanches et parfois des bretelles, comme en 1913. Des jupes ou des shorts et des vestes, le tout impeccablement repassé. Cet air d’uniforme scolaire nous renvoie à l’époque où, en Allemagne, Frank Wedekind écrit son Eveil de Printemps.
L’adolescence, période charnière d’une vie humaine, apporte plus d’excitation et de déprime que toutes les autres réunies. C’est l’époque où les rituels passent du jeu au sérieux, où le taux de suicide grimpe en flèche, où l’on découvre le corps et l’amour. C’est l’âge qui ne rime pas avec sagesse, mais avec romantisme, avec l’affrontement du monde des adultes, ses crispations, ses interdits et sa répression, si bien mise en lumière par Wedekind.
La chorégraphe Marion Murzac et la plasticienne-scénographe Rachel Garcia ont travaillé avec une trentaine d’adolescents pour changer le Sacre en Sucre. Si le rituel païen imaginé par Stravinsky et Nijinsky peut faire penser à une « tournante », donc à un viol collectif, il ne s’agit pas ici d’alimenter des visions d’horreur ou de pointer du doigt la banlieue. Ces jeunes qui vivent an partie à Paris et en partie en Seine-Saint-Denis creusent ce qui peut, dans leurs vies, s’apparenter à des rituels d’aujourd’hui.
Le concept du Sucre du Printemps est né en 2010 quand la première version, alors créée à Toulouse pour une trentaine de jeunes entre onze et vingt-et-un ans, a vu le jour. En 2011, c’est en Allemagne, au Tanzhaus de Düsseldorf, que le printemps a déversé son sucre amer, toujours sur la musique de Stravinsky. Aujourd’hui, le Théâtre national de Chaillot et le Centre national de la danse permettent aux jeunes Franciliens d’expérimenter à leur tour ce saut à travers un siècle de danse et d’évolution de la société. On ne verra donc pas de danseurs professionnels, mais des êtres engagés dans une course vers le collectif et la vérité de soi.
Thomas Hahn
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Le Sucre du Printemps
Conception : Rachel Garcia et Marion Muzac
Chorégraphie : Marion Muzac
Scénographie : Rachel Garcia
Les 6 et 7 mars 2013 à 20h30
Plein tarif : 20€ // Tarif réduit : 8€ (moins de 26 ans)
Durée : 50 min.
À partir de 8 ans
Théâtre National de Chaillot
1, place du Trocadéro
75116 Paris
[Visuel : Le Sucre du Printemps, Rachel Garcia, Marion Muzac (2013). © Anne-Sophie Voisin]
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