0 Shares 1773 Views

Mario Mertz – Gagosian Gallery Paris

30 mai 2013
1773 Vues
gagosian gallery


Mario Merz fut un membre clé du mouvement italien d’après-guerre : l’Arte Povera. Ce mouvement qui utilise des matériaux élémentaires et tirés du quotidien fut introduit par Germano Celant lors de l’exposition historique « Arte Povera: IM Spazio » en 1967. Mario Merz associait souvent des toiles et des objets trouvés avec des tubes de néon ordinaires afin de souligner l’instant où les matériaux se rencontrent : l’acte extatique de la production artistique.

Ainsi des rayons de lumière blanche semblent passer à travers la sculpture murale Impermeabile / Raincoat (1967) – un des premiers exemples des innovantes combinaisons de Merz consistant à mêler des néons et des objets de la vie quotidienne, ou des toiles peintes comme dans I giganti boscaiuoli / Les bûcherons géants (1981-1982), la première oeuvre d’une série de peintures de grand format, utilisant des techniques mixtes, datant du début des années 80. Sur la toile sans châssis, deux cônes s’enfoncent vers le sommet d’un triangle noir montagneux. Les jambes de deux personnages, arbitrairement tronquées en haut du tableau traversent ce point de contact central. Dans ce montage à l’allure onirique, les thèmes personnels et symboliques rencontrent le mouvement Futuriste et ses évocations de pouvoir et de vitesse.

En écho à la force propulsive des cônes, un tube au néon, tel un vecteur blanc lumineux, traverse la toile et la troisième dimension.

Au-delà des matériaux tirés du quotidien constituant la philosophie de Merz, son leitmotiv était l’igloo qui selon lui représentait la forme organique idéale, « à la fois un monde et une petite maison ». En accord avec la culture et la technique des structures nomades construites à l’aide de ressources à portée immédiate, Merz créa ses igloos à partir de la terre, de tissus, de mastic, de fruits, de cire, de bois, de verre et de parties de corps d’animaux. Malgré les références visuelles – la forme de dôme et les composants organiques – il n’y a aucune ressemblance avec des cahuttes fonctionnelles ou des maisons de glaces. Igloo (2002) est composé de grands fragments de pierres qui se chevauchent, maintenus par des pinces industrielles. La structure métallique reste apparente à travers les matériaux entre les éclats : il s’agit d’un espace discret, et pourtant visuellement accessible par son adaptation de l’architecture traditionnelle. Igloo renverse la structure traditionnelle à partir de laquelle il est construit littéralement et conceptuellement, transformant l’abri résilient en une sculpture précaire.

Les igloos de Merz sont l’incarnation de ses méditations sur l’illimité : des « dessins continus » – dans lesquels le crayon à papier ne quittait jamais la surface du papier — aux peintures qui semblent se prolonger au delà de leurs supports. Les formes ouvertes établies sur des fondations en spirales font référence à la suite de Fibonacci, une séquence mathématique véritable source de fascination chez Merz. Tels des espaces privés ouverts à la contemplation publique, libres de toute convention et de tout support, les igloos représentent la dissolution la plus frappante et la plus constante des limitations de Merz.

Mario Merz (1925-2003)

Son travail fait partie des collections internationales les plus prestigieuses : Museum of Modern Art, New York ; Solomon R. Guggenheim ; Hirshhorn Museum et Sculpture Garden, Washington, D.C. ; Museum of Contemporary Art, Los Angeles ; Museum of Fine Arts, Boston ; Walker Art Center, Minnesota ; San Francisco Museum of Modern Art ; Tate Modern, Londres ; Centre Pompidou, Paris et le Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, Madrid.

Parmi ses expositions majeures on compte : « Mario Merz », Walker Art Center, Minneapolis (1972) ; Kunsthalle Basel (1975) ; Musée d’art Moderne de la Ville de Paris (1975) ; Whitechapel Art Gallery, London (1980) ; « Mario Merz at MOCA », Museum of Contemporary Art, Los Angeles (1989) ; « Mario Merz: A Retrospective », Guggenheim Museum, New York (1989), une même exposition dans deux sites au Castello di Rivoli et à la Galleria d’Arte Moderna de Turin (2005), organisée par la Fondazione Merz, et « Mario Merz: Che Cos’è una Casa? », Fondazione Merz, Turin (2010-2011).

Exposition de Mario Mertz

Du 30 mai au 25 juin 2013
Du mardi au samedi, de 11h à 19h

Vernissage le dimanche 9 juin, de 11h à 14h

Gagosian Gallery
4, rue de Ponthieu
75008 Paris

www.gagosian.com

A découvrir sur Artistik Rezo : 
« Calder I Prouvé » (Gagosian Le Bourget, du 8 juin au 2 novembre)
 

En ce moment

Articles liés

“Carnets du Sous-sol” : L’adaptation captivante de l’œuvre de Dostoïevski à la Comédie Saint-Michel
Agenda
170 vues

“Carnets du Sous-sol” : L’adaptation captivante de l’œuvre de Dostoïevski à la Comédie Saint-Michel

Une adaptation des Carnets du Sous-sol, un seul-en-scène sans filtre, du pur Dostoïevski, démesuré et jouissif. C’est un homme d’une quarantaine d’années, pétri d’amour-propre et de ressentiment, vivant depuis trop longtemps seul dans son “sous-sol, qui sort exceptionnellement de...

Alix Logiaco vous fait découvrir son dernier album au Studio de l’Ermitage le 18 février !
Agenda
148 vues

Alix Logiaco vous fait découvrir son dernier album au Studio de l’Ermitage le 18 février !

Le Studio de l’Ermitage accueille Alix Logiaco, son trio et ses invités à l’occasion de la sortie de son dernier album “From Sand To Land”  À propos de l’album From Sand To Land Alix Logiaco Trio a sorti, le...

“Le Bal des voleurs”, une comédie familiale à ne pas manquer au Funambule
Agenda
836 vues

“Le Bal des voleurs”, une comédie familiale à ne pas manquer au Funambule

Trois voleurs maladroits se déguisent pour piéger une riche lady… Mais le destin va en décider autrement. Une comédie familiale et déjantée pleine de péripéties rocambolesques, de danses effrénées et de transformations de personnages ! Trois voleurs peu dégourdis,...