Mamela Nyamza et les Kids de Soweto – musée du Quai Branly
La chorégraphe et performeuse Mamela Nyamza, et les 5 Kids du Soweto’s Finest, groupe de jeunes danseurs de Soweto porteurs d’une nouvelle danse urbaine sud-africaine, proposent une création explosive mêlant différentes influences chorégraphiques. Avec cette pièce, Mamela Nyamza et les Kids réunissent leurs styles et partagent la scène dans une énergie commune.
Mamela Nyamza est une artiste sud-africaine phare qui émerge sur la scène internationale. Chorégraphe et performeuse, sa rage et son humour singularisent son combat dans les luttes féministes et contestataires de son pays. Puissante et engagée, sa danse questionne la place de la femme dans nos sociétés, la question de la violence et celle de la sexualité. Dans ses projets, elle parle notamment du commerce des corps comme moyen de survie pour les travailleurs du sexe comme pour les danseurs, dans une société ou l’écart entre les plus hauts revenus et les plus bas est l’un des plus importants au monde. Ses performances contestent tout pouvoir qui se voudrait domestication et normalisation du désir et du corps féminin, dans une société particulièrement inégalitaire comme la société sud-africaine. Avec un humour ravageur, elle rend minutieusement compte du monde qui l’entoure et remet en cause les préjugés de toutes sortes.
Les 5 Kids de Soweto dansent le Ishbuja (ou « ishbujwa » ou « sbuja »), une danse apparue en réaction au pantsula, danse urbaine très populaire pratiquée par les jeunes de Soweto et de Johannesburg (danse théâtrale et démonstrative, le mot zoulou de « pantsula » désignant le dandinement du canard). Ils le définissent comme un style, une esthétique, avec une conscience affirmée de la supériorité de leur danse sur les autres.
Le mot « buja » est un emprunt au français « bourgeois », et n’a pas pour eux l’acception péjorative qu’il peut avoir ici. Il est davantage conçu comme une référence à une certaine élégance.
Faut-il voir dans ce style le signe de l’ascension d’une bourgeoisie noire notamment à Soweto ?
Le Ishbuja a pour caractéristique de mettre en jeu tout le corps, pas seulement les jambes mais aussi les bras, les épaules, la tête et la nuque. Le visage y est très expressif, grimaçant comme un masque traditionnel.
Cette création alterne des moments de danse sbuja et des séquences mises en scène et dansées par Mamela et les Kids. Ce projet est l’une des premières expériences en Afrique du Sud à réunir différentes conceptions de la danse en mêlant danse contemporaine, performance et nouvelles danses urbaines. Il montre par ailleurs que ces danses, très populaires, sont les héritières de traditions tout en intégrant les formes d’art les plus contemporaines.
Dans l’une des scènes, les 5 jeunes gens s’affairent autour d’une femme immobile, Mamela, qui pose comme un totem. Ils donnent l’impression de tourner autour d’une voiture dont ils voudraient se rendre acquéreurs, dansant et chantant le sushi song, sans conscience du harcèlement qu’ils exercent.
C’est le thème central du spectacle : qu’est-ce qui émane de cette société africaine urbaine d’après apartheid ? Un mélange de désespoir et de formidable énergie ?
Mamela a vécu la fin de l’apartheid, les années 1990. Les Kids de Soweto appartiennent à la génération post-apartheid qui tourne le dos à la célébration du passé, car eux-mêmes, confrontés à une situation désastreuse, ont un avenir incertain.
Cette création témoigne que c’est dans l’intimité même des relations humaines que se joue l’espoir d’un état de grâce retrouvé, le temps d’une danse jubilatoire et jouissive qui embarque le spectateur vers d’autres horizons.
Mamela Nyamza et les Kids de Soweto
Avec Mamela Nyamza et les danseurs du Soweto’s Finest : Thomas Bongani Gumede, Neo Chokoe, Thabang Hendrick Mabileta, Njabulo Mahlaba et Kagiso Mashiane
Du 3 au 11 octobre 2013
Jeudis 3 & 10 octobre, vendredis 4 et 11 octobre et samedi 5 octobre à 20h
Dimanche 6 octobre à 17h
Tarifs : 20 euros // 15 euros
Musée du Quai Branly
37, quai Branly
75007 Paris
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