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    Contrebande – Galerie David Bloch

    21 février 2014
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    Mise en scène :
    De et avec Caroline Vigneaux

    « Le graffiti est vu comme une pollution urbaine. Alors le trio s’est confronté au prestige des ornementations marocaines, trésor de l’histoire du pays et cliché touristique. Fonctionnant comme un recadrage zoomé à grande échelle, les peintures de Lek, Sowat et Liard conservent les combinaisons géométriques infinies et colorées de ces ornements, pour élaborer un focus sur le processus même de construction, sur les grilles géométriques qui servent de pattern et sur la matière brute de la toile de lin. Les lignes peintes se nouent, se percutent, s’interrompent comme des fragments de réseaux
    inachevés, fracturés et parfois cimentés.

    En pleine Biennale de Marrakech, les artistes ont proposé un dispositif autour de l’idée du faux et de la copie originale d’une oeuvre d’art. Une manière de questionner, sans jamais tomber dans le commentaire, le statut de l’oeuvre et la valeur marchande des signatures. Pas étonnant venant d’artistes qui ont fait leurs armes dans une culture clandestine qui se transmet entre groupes, entre “kings” (les maallem) et débutants (les matalleems), dans l’ombre de la rue, où la répétition (du tag, du geste) et l’absence de conservation des oeuvres sont au coeur de la pratique. Un art de contrebande. »
    Hugo Vitrani – Journaliste à Mediapart, curator du Lasco Project (Palais de Tokyo) 

    Lek
    Elevé dans le 19ème arrondissement de Paris en pleine effervescence du graffiti au terrain de Stalingrad en 1980, Lek développe son style graphique, mixant le graffiti avec des influences du Bauhaus, de l’abstraction, du futurisme et de ses années passées à étudier l’architecture. Avec Hof et Osean, son crew LCA casse les codes classiques du graffiti pour aller vers des compositions minimalistes. Les lettrages de Lek sont saccadées, poussés vers la déconstruction. Lek s’émancipe du sens des lettres pour aller vers des lignes de forces, des formes graphiques, des directions, des croisements, des contrepoints qui dialoguent avec l’environnement.

    Travaillant le plus souvent dans des zones industrielles désaffectées, les compositions rigides de Lek s’adaptent aux contraintes du lieux. Ses fragments de lettres agissent comme des dynamiques qui lacèrent l’espace, le révèle, l’annule, ouvrant de nouvelles perspectives dans ces zones chaotiques. Lek est le co-auteur de l’ouvrage Nothing but lettres (Wasted Talent édition, 2009) avec Yko. Leurs expérimentations picturales ont fait école (comme par exemple l’usage de la bombe crevée comme outil de peinture). 

    Sowat
    Sowat fait ses premières peintures sur les voies ferrées, les autoroutes et les terrains vagues de Marseille. Membre du collectif DMV, Sowat développe un travail de calligraphies inspirées du Cholo – graffiti de Chaz Bojorquez, art des gangs latinos utilisé pour marquer les territoires de Los Angeles. Il est le co-auteur du livre “La France d’en Bas” (éditions Alternatives, 2003), livre retraçant la scène graffiti du sud de la France. Sa rencontre avec Lek en 2009 signe le début de leur projet Mausolée, supermarché désaffecté à Aubervilliers qu’ils ont investi avec une quarantaine d’artistes issus du graffiti.

    Au cours de cette résidence artistique sauvage, Sowat affirme son gout pour l’image et la mise en scène, signant la réalisation du film Mausolée, oeuvre vidéo en Time Lapse faisant défiler de façon boulimique graffitis, éléments d’architectures en ruine et traces de vie des anciens squatteurs du lieu, sur une musique de Philippe Glass. Au palais de Tokyo, le duo a réalisé secrètement Tracés Directs, film sur le surgissement et la destruction dans le graffiti, invitant une vingtaine d’artistes à venir dessiner secrètement sur un tableau noir de l’institution. Depuis, ils ont a participé à une table ronde avec Jacques Villeglé au centre Pompidou, au projet des Bains Douches, à la Tour Paris 13, mais aussi à l’exposition d’Agnès B à la Galerie du Jour en 2013 pour une oeuvre collective avec Jonone. 

    Arnaud Liard (Honda) 
    Sous le nom Osean, avec les LCA, Arnaud Liard tague les voies ferrées et stations de métro dans les années 1990. Rejetant le style américain, il est inspiré par les graffeurs Zedz, Delta, Sender qui cassaient les codes du graffiti classique. Influencé par la peinture “Nu descendant l’escalier” de Duchamp, Honda compose plusieurs graffitis cubistes. Dans la lignée de Hof, il fait évoluer ses lettrages vers des tracés graphiques. Début 2000, il fonde avec Onde et Hobz le collectif TRBDSGN devenu depuis un studio de création, groupe qui continue d’être actif sur les palissades des chantiers parisiens. Un livre leur est dédié aux éditions Design&Designer. Honda a participé aux projets Mausolée (Aubervilliers, 2012) et Terrains Vagues (Palais de Tokyo, 2013) de Lek et
    Sowat. Sous son vrai nom, Arnaud Liard peint sur toiles recouvertes de ciment depuis 2002 un théâtre urbain qu’il met en scène à partir de photos de rue.
    Il décompose ses paysages réalistes pour les fragmenter et aller vers de l’abstraction graphique.
     

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