0 Shares 6511 Views

    Pantonio – interview

    7 mars 2014
    6511 Vues
    panto

    Pantonio – Exodus

    Jusqu’au 20 mars 2014
    Du mercredi au samedi de 14h à 19h

    Galerie Itinerrance
    7, rue René Goscinny
    75013 Paris
    M° Bibliothèque François Mitterrand

    www.itinerrance.fr

    Pantonio - interviewLapins, poissons, tortues… Les créatures élégantes, insaisissables et jaillissantes de Pantonio naviguent de la rue aux toiles. Rencontre.

    Vous avez beaucoup créé dans la rue.
    Qu’est-ce qui vous intéressait dans ce type de travail ?

    J’ai commencé par un travail d’intervention très direct dans la rue. La rue permet de jouer beaucoup avec les lieux, les espaces… L’humour était très important dans ma démarche. Mais il s’agit aussi de respecter ce qui existe. C’est nécessaire de ne pas craindre de prendre son propre espace, mais dans le respect. Je passe rarement plus de quelques jours à peindre quelque chose dans la rue, mais cela reste ensuite beaucoup plus longtemps pour les habitants du lieu !

    Pantonio - interviewPourquoi ce bestiaire, que vous avez décliné dans la rue aussi bien que sur toile ?

    Ces animaux prennent de plus en plus de place. Ils représentent des personnes. Je choisis des espèces que j’aime : tortues, baleines… La baleine est un voyageur lent, calme, tranquille, après toute cette folie incarnée par la population des lapins ! Elle porte un message pacifique, positif. Il y a une forme de Ying et de Yang, d’équilibre entre des énergies contraires quand je choisis de faire coexister des animaux aussi différents. Les animaux sont une bonne image de la violence de la société.

    Pantonio - interviewMais en quoi ?

    Nous sommes tous connectés. Comme artiste, je suis un produit de la société. Je me sens petit. Je sais que je ne peux pas changer grand-chose à ce monde délirant. Il y a des révolutions, des exodes, une confusion générale. C’est dans cette confusion que je travaille. Je suis quelqu’un de très facilement négatif et noir. Je viens de l’archipel des Açores. Et je suis moi-même une île fermée. Mais j’ai appris à changer, à apprendre à m’offrir moi-même au monde. A comprendre que j’étais aussi un lapin parmi la foule des autres…

    D’où vient ce bleu et noir qui est un peu devenu votre signature ?

    J’espère que, malgré tout, ce n’est pas une signature, j’espère changer… Je me suis rendu compte tardivement que ces couleurs rappelaient celles de mon île… Il y a là-bas beaucoup de rocs très noirs, le bleu de la mer et une lumière très présente. Mais je ne veux pas m’enfermer dans un sujet, une couleur. J’ai envie d’aller vers d’autres couleurs, chaudes, froides… L’élasticité mentale est nécessaire.

    Sophie Pujas

    [Visuels : Courtesy de la Galerie Itinerrance ©Pantonio ; Pantonio à la Tour 13 ©Emmanuel FMR ]

    En ce moment

    Articles liés

    “Robert Badinter – L’enragé de justice” dans le cadre du festival Paroles Citoyennes au Théâtre Antoine
    Agenda
    213 vues

    “Robert Badinter – L’enragé de justice” dans le cadre du festival Paroles Citoyennes au Théâtre Antoine

    Jamais Robert Badinter n’a cessé d’interroger le droit. Avocat puis homme d’État, il s’est voué tout entier à une seule exigence : la justice. De la salle d’assises aux grandes réformes, il incarne une conscience inflexible, portée par une...

    “Des hommes endormis” : une nouvelle création à l’Athénée
    Agenda
    213 vues

    “Des hommes endormis” : une nouvelle création à l’Athénée

    C’est la nuit chez Julia et Paul, la cinquantaine, deux brillants universitaires totalement voués à leurs carrières. Alors que Julia parle à Paul du vide qui a envahi leurs vies et de son absence de désir, sa nouvelle collaboratrice...

    “Vous permettez”, une comédie de Manon Rony à découvrir au théâtre Le Funambule
    Agenda
    1215 vues

    “Vous permettez”, une comédie de Manon Rony à découvrir au théâtre Le Funambule

    Bien qu’ils se sourient, on sent bien qu’ils se méfient… Ce soir, malheureusement, Maureen et Richard doivent dîner avec les parents de leur gendre, alors qu’ils avaient prévu une rando et une belote avec les Keller. Et en plus,...