0 Shares 2272 Views

Computer Chess une comédie lo-fi d’Andrew Bujalski

11 avril 2014
2272 Vues
Affiche_Computer_Chess

Computer Chess

De Andrew Bujalski

Avec Patrick Riester, Wiley Wiggins, Myles Paige et Robin Schwartz 

Durée: 92 min

Sortie le 9 avril 2014
 

affiche_computer_chess_193_290«Can you try to do your own move? On your own…», demande avec insistance Peter à Shelly. Cette simple question résume très justement Computer Chess, véritable ovni du cinéaste américain.
A l’aube des années 80, le temps d’un tournoi de programmes d’échecs, des génies de l’informatique s’affrontent dans un hôtel. Ces derniers se dévouent corps et âme afin que les ordinateurs battent l’homme à son propre jeu. Mais une présence féminine inédite et la proximité d’un étrange séminaire de thérapie de couple vont perturber la compétition.
Selon Andrew Bujalski, cette mouvance du cinéma américain indépendant se caractérise par un retour aux principes fondamentaux dits «back to basics». En effet, le mumblecore s’apparente à un cinéma de la communication faisant fi des références. Ce cinéma bavard aux dialogues improvisés et acteurs non professionnels ne parle pas de cinéma en lui-même
L’originalité de la réalisation réside en l’utilisation du noir et blanc afin de retranscrire le monde moderne. A l’extérieur de l’hôtel, il existe un autre monde. Ce dernier aux couleurs chaudes symbolise le passé voire même l’enfance. Ici, Andrew Bujalski joue avec les contrastes afin de dépeindre le choc des mondes. Le passé coloré s’oppose au monde terne de l’innovation. Tourné en noir et blanc à l’aide d’une caméra datant du début des années 70, le modèle ATC 32-16 de Sony, le film traite des prémices du numérique et plus particulièrement de l’effrayante addiction des humains aux ordinateurs. A l’instar de ces programmateurs eighties, le monde contemporain dépend de l’intelligence artificielle de nombreuses technologies. De plus, les questions philosophiques de l’époque sont toujours d’actualité: Sommes-nous toujours maîtres de nous-mêmes? Est-il toujours possible de faire quelque chose sans se rendre au préalable sur un moteur de recherche? 

A la manière de ce groupe en thérapie de couple, ce tournoi se révèle être une expérience quasi religieuse. Quant à la partie d’échecs, analysable à l’infini, elle demeure difficile à décoder dans sa totalité. A la fois bizarroïde, drôle et très tendre, ce film est une ode aux chercheurs et surtout à ceux tentant de comprendre davantage l’intelligence humaine.

 

En ce moment

Articles liés

“Carnets du Sous-sol” : L’adaptation captivante de l’œuvre de Dostoïevski à la Comédie Saint-Michel
Agenda
55 vues

“Carnets du Sous-sol” : L’adaptation captivante de l’œuvre de Dostoïevski à la Comédie Saint-Michel

Une adaptation des Carnets du Sous-sol, un seul-en-scène sans filtre, du pur Dostoïevski, démesuré et jouissif. C’est un homme d’une quarantaine d’années, pétri d’amour-propre et de ressentiment, vivant depuis trop longtemps seul dans son “sous-sol, qui sort exceptionnellement de...

Alix Logiaco vous fait découvrir son dernier album au Studio de l’Ermitage le 18 février !
Agenda
64 vues

Alix Logiaco vous fait découvrir son dernier album au Studio de l’Ermitage le 18 février !

Le Studio de l’Ermitage accueille Alix Logiaco, son trio et ses invités à l’occasion de la sortie de son dernier album “From Sand To Land”  À propos de l’album From Sand To Land Alix Logiaco Trio a sorti, le...

“Le Bal des voleurs”, une comédie familiale à ne pas manquer au Funambule
Agenda
758 vues

“Le Bal des voleurs”, une comédie familiale à ne pas manquer au Funambule

Trois voleurs maladroits se déguisent pour piéger une riche lady… Mais le destin va en décider autrement. Une comédie familiale et déjantée pleine de péripéties rocambolesques, de danses effrénées et de transformations de personnages ! Trois voleurs peu dégourdis,...