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Seine-Saint-Denis : Le choc artistique des Rencontres chorégraphiques internationales

6 mai 2014
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rencontres

Seine-Saint-Denis:  Le choc artistique des Rencontres chorégraphiques internationales

Du 6 mai au 14 juin 2014

Pour plus d’informations : www.rencontreschoregraphiques.com

Du 6 mai au 14 juin 2014

Elles sont le festival de référence des découvreurs. Les rencontres chorégraphiques de Seine-Saint-Denis ne déméritent pas par rapport à leur épithète premier: Elles sont pleinement internationales! Corée du Sud, Italie, Israël, Catalogne, Suisse, Serbie, Allemagne, sans oublier la France, mais celle-ci inclut La Réunion par exemple !

Tout ici donne à voir que la danse, même dans sa forme la plus contemporaine, a la capacité de faire dialoguer les univers les plus opposés. Toujours à la recherche de la création chorégraphique qui reflète les préoccupations intimes de la vie actuelle, Anita Mathieu ne cesse de sillonner les cinq ou six continents de la terre, à la recherche de spectacles qui abordent nos fantômes à l’ère digitale. 

Grands écarts
Daniel Linehan, enfant prodige de la scène US, travaillant entre Bruxelles et New York, convoque en voix off textes classiques de Platon, Eschyle, Cervantes, Dostoïevski, Kafka et Freud pour faire bouger sept danseurs. Le résultat est une tension maximale entre l’abstraction et le référentiel, entre la pensée et le corps. Mais nous vivons dans un monde où tous les écarts sont soutenables et font même avancer nos modes de vie. La danse est là pour interroger le sens de ces progressions, dans tous les sens des termes.

Pierre Droulers, le Belge, navigue entre le Bunraku japonais, les poèmes d’Emily Dickinson et le carnaval brésilien (si ce n’est la fête des morts à la mexicaine) pour évoquer tous les « Soleils » à travers un maximum de noir, de masques et de troubles.

En flamenco aussi, une artiste peut explorer des univers opposés pour s’explorer elle-même. Sonia Sanchez ajoute une pensée pour  le butô à son art sévillan. Les deux développent un rapport à la terre plus qu’intense, en passant par des chemins et des énergies opposés.

Histoires d’Amérique

Les références à l’histoire de la danse sont bien là. L’Italienne Cristina Rizzo donne son point de vue sur le Sacre du printemps (version enregistrée par l’Orchestre de Cleveland dirigé par Pierre Boulez, 1992) en le confrontant au  roman « Fear and Loathing in Las Vegas » de Hunter S. Thompson (adapté au cinéma en 1998 par Terry Gilliam sous le titre « Las Vegas Parano »), une plongée sous drogue de deux personnages dans l’Amérique des années soixante-dix. Comment le manifeste de la fin du rêve américain se réfère-t-il au rituel de la Russie païenne de Stravinski et Nijinski de 1913? La plongée vers le néant et le vertige n’y seront pas pour rien! Danser l’élue sans rien autour.

Autre regard sur les Etats-Unis, « Portland » du Catalan Marcos Morau qui remet tout en question, des discours de Barack Obama au patriotisme, la violence meurtrière, le drapeau, le mythe des cowboys. Ce solo fait partie d’un décalogue de la compagnie La Veronal dressant un état du monde. On  a pu voir en avril leur opus consacré à la Russie et à la peur, au Théâtre national de Chaillot.

Jeux de lumières

Cindy van Acker qui vit et travaille en Suisse aime jouer avec la lumière, l’abstraction et la géométrie des corps. Dans « Drift » elle danse avec son acolyte Tamara Bacci en référence au jeu de Tangram comme éloge de la forme pure, dans toute sa force évocatrice, créant une ode en noir et blanc, pour radicaliser le jeu de l’ombre et de la lumière. 

Un mystère particulier entoure le travail de Mélanie Perrier, qui cherche à sonder les secrets d’une lumière à la fois chaleureuse et mystérieuse. Son nouveau solo évoque une danseuse classique, dans  un travail d’une sobriété confondante.

Le clair-obscur peut évoquer toutes sortes d’univers. Chez Jérôme Brabant, il dresse un portrait des rites et les mythes qui nourrissent l’imaginaire créole à travers une danse incantatoire, inspirée de l’univers des tisaneurs et magnétiseurs de l’île, dont les grands-parents du chorégraphe interprète.

Portraits

Kim Bo-ra, la jeune Coréenne, donne à voir les tourments intérieurs d’une femme moderne à travers ses rêves intimes, à la manière d’une star de cinéma au micro.

Katalin Patkaï, cette iconoclaste d’origine hongroise nous emmène autant dans un conte que dans un rêve libéré. Avec un échafaudage comme cadre de scène et la nudité comme lien entre costumes et objets elle crée des fantaisies plastiques délirantes. Son duo avec Justine Bernachon, circassienne, danseuse et comédienne, s’intitule « Jeudi », et dans ce mot nous entendons ici surtout: « jeu ».

Yasmeen Godder, cette Israélienne d’avant-garde et à l’esprit très européen et d’habitude assez conceptuelle, crée « Gut Gift », un solo pour Francesca Foscarini où il  s’agit d’aller au fond de l’énergie et de la personnalité d’une interprète pour une rencontre entre le spectateur et lui-même, à travers une personne en scène.

Thomas Hahn

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