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    Retour aux origines de l’École de Nice : entretien avec Claude Gilli

    17 septembre 2014
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    Retour aux origines de l’École de Nice : entretien avec Claude Gilli

    Retour aux origines de l’École de Nice : entretien avec Claude Gilli
    Né en 1938 à Nice et formé à l’École des Arts Décoratifs de la Ville, Claude Gilli est un artiste majeur de l’École de Nice, qui compte parmi ses membres,  Albert Chubac, Martial Raysse, Ben ou encore Bernar Venet. Art Media Agency s’est entretenu avec l’artiste, revenant sur la naissance d’une école atypique, dont le succès ne se dément pas.

    Comment est née l’École de Nice ?
    Dans les années 1960, nous étions sur la côte à Nice, il n’y avait aucun mouvement artistique, pas de cinéma, pas de théâtre, pas de galeries, rien ! Nous étions une dizaine d’amis, nous nous voyions au bistro, qui était le seul endroit où nous pouvions nous rencontrer. Nous n’avions aucun atelier.
    À Nice il ne se passait rien, et nous avons chacun imaginé quelque chose — Martial Raysse, moi, Ben, Bernar Venet… Nous ne parlions pas d’École de Nice, qui n’est d’ailleurs pas une école : tandis que l’esprit d’une école est de rapprocher les créations, nous faisions le contraire. Si l’un faisait quelque chose, l’autre faisait le contraire.

    Y avait-il un esprit de compétition ?
    Non, je préfère plutôt parler d’émulation. Nous avons chacun inventé notre propre langage personnel. Comme disait très justement Ben à cette époque : « Un chien pisse devant la porte pour éloigner les autres.» Nous avions envie de découvrir le monde, mais nous n’avions rien, donc nous avons inventé, à partir de rien, notre propre langage. Si nous avions connu ce qui se passait à New York ou à Paris, nous aurions été influencés. Mais nous n’avons subi aucune influence, c’est ce qui a fait notre « qualité ».

    Vous et Martial Raysse êtes souvent cités comme les seuls véritables artistes pop en France, vous avez participé à un courant sans le connaitre.
    J’allais à la décharge récupérer de vieux meubles pour en faire des sculptures, j’amassais des objets obsolètes, des photographies de famille, les premiers Playboy. Nous avons été novateurs, alors que nous ne connaissions pas du tout le Pop art. On ne savait pas qu’à New York des gens faisaient la même chose que nous.

    À New York, j’ai découvert le travail de Wesselman, qui faisait exactement la même chose que moi, alors que je ne le connaissais absolument pas. J’ai aussi rencontré Lichtenstein, ou encore Fontana, qui faisait des tableaux un peu comme les miens.

    C’est important de ne pas voir les choses, ça nous permet de ne pas être influencé, d’inventer son propre langage, ses propres mots. Nous avons voyagé, nous sommes devenus des ambassadeurs de la ville de Nice, je suis le seul à être resté à Nice, pour des raisons de santé.

    Qu’est ce qui définit l’École de Nice ?
    Nous sommes comme des aimants qui s’approchent et qui s’éloignent. Nous ne voulions pas faire un clan niçois, nous voulions connaître ce qui se passe ailleurs.

    Y a t-il une relève à Nice ?
    Non, pas vraiment. Aujourd’hui tout le monde peut savoir ce qui se passe n’importe où dans le monde. Maintenant, être à Nice ou ailleurs c’est exactement pareil. Je pense que cela a des avantages et des inconvénients. Lorsqu’il y a trop de contacts, cela devient gênant, on est trop influencés, même inconsciemment.

    J’étais très ami avec Martial Raysse, nous passions beaucoup de temps ensemble. Puis il est parti à New York. Je n’ai pas pu aller à New York, mais je me suis installé à Paris, qui était déjà une grande ville.

    Art Media Agency

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