Des algorithmes pour l’inimaginable : interview avec Michael Hansmeyer
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Des algorithmes pour l’inimaginable : interview avec Michael Hansmeyer |
Michael Hansmeyer est un architecte post-moderniste qui utilise les techniques algorithmiques appliquées à l’architecture, explore l’art génératif et le logiciel CAO pour mener à bien des projets complexes de construction. Titulaire d’un MBA obtenu à l’INSEAD, et d’un Masters en Architecture (MA) de l’Université de Columbia, il travaille actuellement au sein du Groupe CAAD au département architecture d’ETH, à Zürich. Bien connu pour son Subdivided Columns – A New Order (2010): des colonnes symétriques d’une grande complexité, créées par des prototypes fabriqués à partir d’outils en acier utilisés pour façonner une façade en plastique ABS, vouée à être exposée en extérieur et à être porteuse. Son dernier projet, Digital Grotesque (2013), utilise des algorithmes pour créer des formes qui apparaissent tant synthétiques qu’organiques. AMA a eu la chance de rencontrer Michael Hansmeyer, l’architecte nous présentant sa vision de l’architecture contemporaine. Pouvez-vous nous présenter votre méthode de création ? Quelle est votre approche ? Je ne cherche pas à micro-gérer le processus, j’utilise plutôt les technologies disponibles pour ajuster certains éléments ou aspects du processus. L’un des défis, je crois, est de savoir comment on sélectionne le «bon» algorithme afin de satisfaire la recherche de nouvelles formes. Dans le cas des Subdivided Columns, par exemple, la fonctionnalité n’était pas un facteur prioritaire dans l’écriture des algorithmes. Un de mes objectifs était de donner au processus autant de liberté que possible afin de tester ses limites. Comment les autres architectes réagissent-ils à votre travail ? Comment envisagez-vous la relation entre votre travail et l’espace public ? Où verriez-vous vos œuvres ? Quelle est l’échelle que vous avez adopté pour vos structures ? Quel est le rôle des architectes contemporains ? Nous nous situons à une stade important à présent, où la conception computationnelle et la fabrication additive permettent d’imprimer tous les détails imaginables, sans que cela ne coûte plus que l’impression d’une simple boîte. Imprimer une centaine de formes très différentes ne coûte rien de plus que d’imprimer un même motif un grand nombre de fois. L’ornementation perd toute connotation sociale. Les arguments de la modernité rationnelle pour la standardisation ont perdu leur fondement. Le futur nous réserve bien plus d’individualisation et de customisation. La complexité, longue et périlleuse devient une opportunité qui n’attend que d’être explorée. Ce sera l’exubérance et nous serons surpris ! Durant ces dernières années, l’architecture a été divisée entre l’ingénierie et les écoles de Beaux-Arts. Par l’utilisation du design computationnel, nous avons une opportunité historique de lier ces deux idéologies. Art Média Agency |
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