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Cannes 2015 : jour 7 (premiers bilans & derniers coups de cœur)

20 mai 2015
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taklub

68e Festival de Cannes

Du 13 au 24 mai 2015

www.festival-cannes.fr

Le mercredi 20 mai 2015

Lorsqu’arrive le second mercredi du Festival de Cannes, c’est que cela sent déjà un peu la fin… L’occasion pour notre envoyée spéciale de tirer les premiers bilans et de connaître (peut-être) ses derniers coups de cœur.

23 films en 7 jours. Le festival est sur la pente descendante. Dans les files d’attente, on conclut déjà que cette compétition était un peu molle. On voit partir les premiers camarades alors que tombent les premières gouttes de pluie. Doucement mais sûrement, c’est la fin.

Deux films se détachent nettement de ces visionnages en série : The Lobster (drame absurde de Yorgos Lanthimos) et Carol (drame sentimental de Todd Haynes). On espère des prix, on donne sa palme en sachant pertinemment que le festival ne fonctionne pas comme ça et qu’au moment de la clôture les résultats seront loin des attentes de la presse française. Les déceptions risquent d’être nombreuses, comme c’est toujours le cas dans ces cérémonies (des César aux Oscars), a fortiori quand on y met son cœur, sa passion et un peu de sa santé (mentale et physique) pendant une poignée de jours.

Le septième jour est un jour calme. Parce que le corps et l’esprit arrivent à saturation. Il faut s’aménager une plage de calme. Et je décide de m’octroyer une nuit de 6 heures (un vrai luxe) ainsi qu’un pique-nique en solo au soleil sur la plage. Je m’offre cette pause méritée, ainsi qu’un nouveau coup de soleil, et la motivation pour aller au bout alors que mes proches et le confort du quotidien commencent sérieusement à me manquer.

De cette journée de cinéma, je retiens le drame du réalisateur philippin Brillante Mendoza, Taklub (Un Certain regard), sur la vie d’habitants du bord de mer après le passage dévastateur d’un typhon. Il y a les pertes humaines et puis il y a ceux qui restent vivre sur place. La vie précaire dans des baraquements de fortune a ses inconvénients et si la communauté est soudée autour du drame, ce sont d’autres tragédies qui se jouent au quotidien. On voudrait imaginer que ces gens ont eu leur lot de souffrances et de malheur pour toute une vie mais rien n’est aussi simple ni aussi facile. C’est donc avec une grande sensibilité, l’on sent encore très clairement l’émotion qui transpire de cette œuvre, que Brillante Mendoza aborde le quotidien de ces gens. Avec les deuils, les espoirs, les enfants qu’il reste et à qui il faut donner envie de vivre, la peur aussi vissée au ventre que le drame se reproduise. À ce stade de l’histoire, ce sont juste des gens qui demandent à tourner la page, mais les nombreuses questions ainsi que les corps disparus les empêchent d’avancer. Taklub n’est pas parfait mais c’est une œuvre du cœur dont certaines images resteront longtemps gravées dans ma mémoire.

Plus que deux jours pleins de festival, 10 films en tout. Les nuages viennent obscurcir la Croisette comme un voile. Tout doucement, le rideau tombe. Il reste une séance de minuit, quelques fêtes mais ces évènements se comptent sur les doigts d’une main. Et à ce stade, il est impossible de savoir si c’est triste à pleurer ou joyeux.

En parallèle de mon expérience cannoise, quelques chanceux étudiants de l’EFJ vivent leur premier festival. Dans ce premier épisode immersif, Élodie Trujillo et Méliza Guidjou sont parties à la rencontre des chasseurs d’invitations, petite institution cannoise :

[embedyt] https://www.youtube.com/watch?v=xu8tzff6b4Q[/embedyt]

Lucile Bellan 

[Image 2015 © Taklub]

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