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    Wim Vandekeybus, nouveau romantique?

    4 avril 2016
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    Speak Low if you speak Love

    Dans le cadre du Festival 100%

    De Wim Vandekeybus

    Danse:
    Jamil Attar, Livia Balazova, ChloéBeillevaire, David Ledger, Tomislav English, Nuhacet Guerra Segura, Sandra GecoMercky, Maria Kolegova

    Musique:
    Mauro Pawlowski, Elko Blijweert, Jeroen Stevens, Tutu Puoane

    Du 5 au 9 avril 2016

    Durée : 1h40

    www.lavillette.com

    Du 5 au 9 avril 2016

    Avec « Speak low if you speak love » Wim Vandekeybus signe un ballet rock et romantique, loufoque et décalé, sur le désir et les passions amoureuses. Accompagnés des fantômes de Shakespeare et Pina Bausch, voilà huit danseurs, trois musiciens et deux chanteurs, dont une jazz-woman sudafricaine, qui revisitent les transports et désirs sous toutes les angles. Un concert dansé sans pudeur, par une compagnie qui s’est installée à Molenbeek (Bruxelles) par passion de l’humain.

    960-vandekeybus2Il arrive que le romantisme ressurgisse sans crier gare, quelque part où on attendait tout sauf lui. Chez Wim Vandekeybus, par exemple. N’est-il pas l’un de fondateurs de la danse contemporaine ? Ne vient-il pas de reprendre avec grand succès sa pièce fondatrice, « What the Body does not Remember » ? N’est-ce pas lui, justement, qui a transformé l’énergie amoureuse et verticale des Bouvier-Obadia en fulgurantes envolées horizontales ? Il est la rock-star de la danse et il arrive que des danseurs se taquinent : « Tu vas à l’audition de Vandekeybus ? Moi non, je n’ai pas envie de me casser les os. » Si c’est pour dire que ce style est plus exigeant que d’autres, la précaution tombe juste.

    960-vandekeybusEt soudain, Vandekeybus se réfère à Shakespeare ! « Speak low if you speak love » est une citation de la pièce « Beaucoup de bruit pour rien » du poète éternel, un doux murmure sensuel. Et en plus Wim drapela scène de soie! Est-ce à dire qu’il fait la part belle à la douceur et la tendresse ? N’allons pas trop vite. L’intention initiale de consacrer cette recherche au sentiment amoureux s’est muée en un travail sur la passion. Et ce mot colle parfaitement avec l’univers du chorégraphe, avec le nom de sa compagnie, Ultima Vez (faire ce qu’on fait comme si c’était la dernière fois) et le fait qu’elle s’est installée, il y a quelques année déjà, à Molenbeek, pour y travailler avecles jeunes du quartier.

    960-vandekeybus1En plus, « Speak low » est également le titre d’une chanson de Billie Holiday, artiste pleine d’amour et de passion qu’elle fut. Et une chanteuse noire est effectivment en scène chez Vandekeybus. Il s’agit de la Sudafricaine Tutu Puoane, chanteuse jazz qui a le privilège d’incarner ici la déesse de l’amour et de la nuit. L’amour n’est donc pas exclu, mais la passion parle plus fort. Et que vaut l’amour sans passion ? Même dans les ballets romantiques, toute histoire d’amour s’accompagne de souffrance, de drame et de passion.

    Le « Speak low.. » de Vandekeybus ne raconte pas d’histoire, mais décline la passion à travers différentes formes de désir. Pas de grande narration, mais des épisodes ou anecdotes, passionnelles ou loufoques comme chez Pina Bausch. Le désir existe au-delà du sexe, rappelle Vandekeybus: Chez le vampire par exemple, ou bien chez la religieuse qui transfère tout son désir sur Dieu. Vandekeybus ne veut ni narration, ni discours. Rien que des images ! Mais les images aussi peuvent prendre position, surtout quand elles contredisent le quotidien et nos habitudes.

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    « Speak low… » parle de passion, en parle fort et pousse même une sorte de coup de gueule. Tantôt tout le monde est habillé en robe rouge de femme, tantôt en pantalon et chemise. La passion, c’est pour tout le monde et existe au-delà du sexe ou genre. Au lieu de discourir, Vandekeybus laisse vivre. Et invite à explorer toutes les possibilités. L’amour est chanté par Tutu Puoane, sur les musiques envoûtantes car âpres et amoureuses à la fois, crées sur mesure par Mauro Pawlowski, qui avait déjà signé les musiques de la pièce « nieuw Zwart ».

    Thomas Hahn

    [© Danny Willems]

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