C’est l’histoire d’une momie découverte… dans une poubelle!
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Ta-Iset, la momie de Rueil-Malmaison Jusqu’en 2018 (Renouvellement de la présentation tous les deux ans) Ouvert du lundi au samedi de 14h30 à 17h45 Fermé au mois d’août. Entrée libre. RER A (Gare de Rueil-Malmaison) Musée d’histoire locale |
Voilà un fait unique dans toute l’histoire de l’égyptologie : une momie découverte non pas dans le désert égyptien du Sinaï, dans la montagne thébaine ou sous les sables de Saqqara. Non, ici, Ta-Iset a été trouvée dans… les poubelles de la ville de Rueuil-Malmaison ! Son histoire a touché immédiatement les collectionneurs et les antiquaires qui ont prêté quelques objets phares pour raconter la vie et la mort en Egypte ancienne. Après avoir été toilettée et restaurée, la voilà devenue la star du musée d’histoire locale. Un coup de cœur. Un jour de 2000 qui ressemblait aux autres pour les agents municipaux de l’équipe de voierie de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), une jeune femme vient déposer aux encombrants… un cercueil !
Quelle ne fût la stupéfaction des employés lorsqu’ils ont pris connaissance de ce dépôt atypique, mais lorsqu’ils se sont rendus compte de la nature de l’objet, il était trop tard pour rattraper la mystérieuse inconnue. Le musée d’histoire locale est alerté et l’enquête commence. Qui peut bien être le ou la propriétaire ? L’imagination s’emballe et on se met à rêver : et si un général ou un officier de Napoléon l’avait rapportée des campagnes d’Égypte ? Nous sommes à Rueil-Malmaison, le fief de Napoléon et de Joséphine – qui elle-même possédait deux têtes de momies ! Mais l’archéologie est une science qui se veut prudente et n’avance pas si elle n’a pas de preuves. La seule chose qu’il est possible d’affirmer est qu’elle se trouvait bien en France à la fin du XIXe ou a début du XXe siècle, ce qu’atteste le crochet de suspension à l’arrière du cercueil sur une planche moderne. En effet, la mode à cette époque là était de présenter les momies accrochées au mur.
Un appel à la population a été lancé pour tenter d’en savoir plus – infructueux jusqu’à présent –, mais on assiste à un véritable engouement autour de cette momie restaurée qui trône aujourd’hui dans une salle qui est lui est dédiée. Des collectionneurs privés ont proposés spontanément de prêter certaines pièces, des antiquaires ont répondu présent sans difficulté (galerie Gilgamesh et galerie Cybele), et des musées vont entrer dans la danse à la rentrée (le Palais des Beaux-arts de Lille) et en cours de discussions, le musée du Louvre. La colonne d’inscriptions sur le cartonnage nous livre donc son nom, Ta-Iset (« celle d’Isis »), ainsi que celui de son père, Ker Pâ (ou Guer Pâ, ou Ker Tcha), tandis que celui de sa mère est endommagé. Ces noms ainsi que le style, le découpage du cartonnage et l’iconographie nous situent en pleine période ptolémaïque (IIIe siècle avant J.-C. – Ier siècle après J.-C.), lorsque se développe le culte osirien et que se démocratise la momification.
La radiographie a dévoilé le corps d’une fillette de 4 ou 5 ans, décédée certainement suite à une maladie car aucune fracture n’a été décelée. Il faut simplement noter que la tête est légèrement désaxée, basculant vers l’avant, indication d’une pratique tardive consistant à désolidariser la tête du corps au cours de l’embaumement.
Ne pas perdre la tête!
Un détail que l’on retrouve sur la momie d’une véritable star de l’égyptologie : Ramsès II qui vivait lui quelques millénaires plus tôt, au Nouvel Empire. On peut compter sur les réactions du public pour écrire une nouvelle page au roman de cette momie dans les années à venir… Stéphanie Pioda [Photos. Toutes les photographies de la momies sont créditées ©Ville de Rueil-Malmaison-Christophe Soresto. Les radiographies montrant la tige de palmier maintenant la tête solidarisée au reste du corps.] |
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Mais comme il était fondamental que le corps préserve son intégrité afin que le souffle vital puisse circuler et redonner vie au défunt dans l’au-delà comme le rappel un chapitre du Livre des Morts –« Salut à toi, mon père Osiris ! Je possèderai mon corps pour toujours, […] ma tête n’a pas été enlevée de mon cou, mon corps est permanent, il ne périra pas, il ne sera pas détruit en ce pays à jamais » –, une tige de palmier (gerid) a été insérée dans la colonne vertébrale pour redonner cette unité.



