La Fille du Train : le banal effroi de la violence intérieure
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La Fille du Train De Tate Taylor Avec Emily Blunt, Haley Bennett, Rebecca Ferguson,Allison Janney, Justin Theroux, Luke Evans, Edgar Ramirez. Durée : 113 min. Sortie le 26 octobre 2016 |
Sortie le 26 octobre 2016
Thriller à la narration un peu brouillonne, La Fille du Train glace surtout par sa description glaçante et protéiforme du processus d’installation des violences domestiques dans le quotidien d’un couple.
Qui ne s’est jamais demandé ce qu’il se passait derrière les fenêtres closes des maisons que l’on aperçoit chaque jour sur sa route ? Qui n’a jamais envié un couple apparemment heureux à qui tout semblait sourire quand son moral n’était pas au beau fixe ? Le postulat de départ de La Fille du Train est excellent parce que terriblement banal : Rachel ne se remet pas de son divorce. Tous les jours, par la fenêtre du train, elle aperçoit le même couple, observe son quotidien en s’imaginant comment il vit dans cette grande maison proche de celle qu’elle habitait autrefois avec son mari… Et qu’il habite toujours, hélas, avec une autre. Pour tenter d’anesthésier la douleur de cette séparation et de la tromperie qui l’a causée, Rachel boit. Et dans les vapeurs de l’alcool, elle songe à ce couple, se projette dans son histoire, envie son amour, sans rien savoir de la véritable nature de son quotidien. Lorsque Megan, la femme qu’elle observe si passionnément, disparaît, Rachel a enfin l’occasion de découvrir l’envers du décor. Mais la confrontation avec la réalité sera brutale et nécessitera de refouler les émanations de vodka qui embrument tous ses souvenirs…
Par bien des aspects, La Fille du Train n’est pas un excellent thriller. La réalisation manque de rythme et les flashbacks qui surgissent un peu n’importe comment au cours du récit donnent à la narration un aspect un peu brouillon. Pourtant, c’est à un autre niveau que le film est glaçant : en filigrane, il présente en effet une excellente analyse du phénomène des violences conjugales, tant sur le plan physique que psychologique. La Fille du Train est à ce titre d’autant plus remarquable que le film, adapté d’un roman de Paula Hawkins, est avant tout porté par des femmes. Seules les voix de Rachel, Megan et Anna se font vraiment entendre, quand Bande annonce [embedyt] https://www.youtube.com/watch?v=5G6sZ9A8tKQ[/embedyt] [Crédits Photo : ©2016 Constantin Film Verleih GmbH ] |
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Isolement, culpabilisation, manipulation et rabaissement de la victime, dégradation de son image de soi, inversion des responsabilités entre la victime et le bourreau, décrédibilisation de la parole de la victime, qui, de fait, est ignorée et humiliée lorsqu’elle essaie de témoigner de sa situation à l’autorité dont le devoir serait justement de la protéger ; tout y est. Le processus de construction de cette violence domestique, qui emprisonne sa victime sans que celle-ci en ait conscience, d’où la difficulté à s’en dépêtrer, transparaît tout au long de l’intrigue, sous différentes formes, porté par différents personnages. Il faut alors à chaque fois qu’un intervenant extérieur fasse remarquer à la victime que le comportement de son bourreau « n’est pas normal » pour qu’elle-même réalise qu’elle est victime et non coupable.
Les maisons confortables deviennent alors prisons. Des portes closes suintent le danger intime, présent dans tous les aspects de la vie du couple : une sexualité imposée , un harcèlement constant , une jalousie et une possessivité maladives, un accablement permanent par des reproches constants, un enfermement dans les tâches domestiques, une négation totale de la personnalité et des aspirations de l’autre.
l’enquête est menée de main de maître par une intimidante inspectrice à l’œil perçant. Les personnages masculins qui gravitent autour de ce quatuor féminin, relativement médiocres, ne font finalement office que de faires-valoirs. Pas sûr pourtant que La Fille du Train ne passe le





