0 Shares 1853 Views

    FLA.CO.MEN : Israel Galván à la conquête du 2nd degré

    6 juin 2017
    1853 Vues
    HugoGumiel_MG_5985_1

    FLA.CO.MEN

    D’Israel Galván

    Mise en scène d’Israel Galván

    Avec Israel Galván (danse)

    Musiciens David Lagos, Tomás de Perrate, Eloisa Canton, Caracafé, Proyecto Lorca : Juan Jimenez Alba, Antonio Moreno

    Du 19 au 29 juin 2017

    Tarifs : 18€ à 36€

    Réservation par tél. au 01.42.74.22.77

    Durée : 1h

    Espace Pierre Cardin
    1 avenue Gabriel
    75008 Paris 
    M° Concorde

    www.theatredelaville-paris.com

    Du 19 au 29 juin 2017

    A l’Espace Pierre Cardin, le Théâtre de la Ville reprend la dernière création d’Israel Galván, la première où il s’amuse ouvertement du flamenco et de lui-même, en invitant le public à un cabaret caustique et humoristique. Le flamenco, tel qu’on le connaît, chez Galván et en général, est passionnel et dramatique. Par l’humour et la dérision, Galván ajoute, avec beaucoup de finesse et d’intelligence, une nouvelle facette au genre. C’est passionnant, divertissant, amusant.

    L’humour n’est pas la première des qualités qu’on prête spontanément à Israel Galván. La fierté, oui. L’élégance, la force, la musicalité, l’innovation, l’esprit provocateur. Tout ça et bien plus. Mais qu’il nous fasse rire? Avec FLA.CO.MEN c’est fait! Le Théâtre de la Ville reprend la pièce la plus inattendue et surprenante du plus radical des réformateurs de la danse flamenca. Après tant de sujets sérieux, après avoir dansé dans un cercueil ou évoqué la Shoah, Galván s’offre une bouffée d’oxygène. FLA.CO.MEN est un cabaret aux tableaux et ambiances très diverses, où Galván saute du coq à l’âne sans perdre le fil.

    Jamais à court de liberté d’esprit

    HugoGumiel MG 6014Bien sûr, ce fil rouge c’est lui-même dans sa capacité à tenir le plateau, à digresser, à obtenir un maximum d’effets avec un geste minime. Jamais à court de liberté d’esprit, il ajoute une nouvelle corde à son arc, en s’autorisant même des contacts directs avec le public ou à disparaître dans la salle, l’obscurité couvrant ses assauts percussif des murs du Théâtre de la Ville.

    Le clown musical vient de trouver sa variante flamenca, et le flamenco son entertainer universel, une vraie bête de scène sachant prendre le taureau par les cornes sur une musique transgenre, parodiant une corrida. FLA.CO.MEN : L’anagramme ne transforme pas seulement le mot, mais le visage du mot. Le cri de la terre devient le rire de l’Auguste.

    [embedyt] https://www.youtube.com/watch?v= b1F_IfzNMY[/embedyt]

    Galván sait passer par le negro spiritual, la musique indienne ou de Renaissance, adapter sa danse à ces univers et pourtant rester en plein flamenco. Même immobile, assis sur sa chaise, il en incarne l’essence. Il peut donc se permettre de revisiter les stéréotypes du genre, y inclus son propre style, toujours avec une demi-pointe de deuxième degré. Enfile même une robe à pois au finale qui lui irait plutôt bien si les couleurs n’étaient pas d’un mauvais goût pleinement assumé.

    Cuisiner un flamenco différent

    HugoGumiel MG 6064Il danse comme il boxe, des feuilles de la partition collées sur son front ou son buste, se présente en tablier blanc comme pour cuisiner un flamenco différent, puisant les ingrédients dans un livre de cuisine imaginaire, se tapant sur les cuisses, son geste malaxant la pâte des différents styles de son art. Avec ce menu-là, la parodie vient en dansant.

    Galván s’amuse, à haut niveau. Pourtant, FLA.CO.MEN ne s’appuie pas uniquement sur ses saveurs burlesques. Celles-ci ne sont que l’habillage d’un travail en profondeur qui redéfinit le rapport entre la danse et la musique. Depuis longtemps, cette réflexion est au cœur de ses recherches. Galván ne se contente pas de recomposer le geste chorégraphique sur des registres musicaux hors du champ andalou traditionnel, mais subvertit l’idée même qui veut qu’on danse sur une musique et que ce dialogue crée une œuvre.

    Dans l’esprit rock’n’roll de ce show espiègle, ce n’est pas le danseur qui occupe le centre du plateau, mais une batterie qui devient partenaire chorégraphique. Le corps de Galván est instrument et chef d’orchestre à la fois, et il arrive que son port de bras semble moduler la musique comme à travers un système électronique de capture du mouvement. Son zapateado n’est plus danse, mais genre musical, son corps un prolongement des instruments. Galván ne danse pas du flamenco, il danse avec le flamenco.

    Thomas Hahn

    [Crédits Photo : © Hugo Gumiel]

    En ce moment

    Articles liés

    Ce week-end à Paris… du 1er au 3 mai
    Art
    509 vues

    Ce week-end à Paris… du 1er au 3 mai

    Art, spectacle vivant, cinéma, musique, ce week-end sera placé sous le signe de la culture ! Pour vous accompagner au mieux, l’équipe Artistik Rezo a sélectionné des événements à ne pas manquer ces prochains jours ! Vendredi 1er mai...

    L’exposition “Allégorie de l’émoi – L’écho de nos sentiments” réunit Joonhong Min & Ingrid Marie
    Art
    547 vues

    L’exposition “Allégorie de l’émoi – L’écho de nos sentiments” réunit Joonhong Min & Ingrid Marie

    À l’occasion du 140e anniversaire des relations diplomatiques Corée-France, le curateur Hong Lee et la Galerie Hoang Beli présentent l’exposition Allégorie de l’émoi – L’écho de nos sentiments, mettant en relation l’artiste coréen Joonhong Min et la romancière française Ingrid...

    Dream Nation 2026 : les premiers noms enfin annoncés !
    Agenda
    378 vues

    Dream Nation 2026 : les premiers noms enfin annoncés !

    Pour sa 13e édition, Dream Nation revient avec une proposition plus immersive et spectaculaire que jamais. Les 30 et 31 octobre 2026, le festival emblématique des musiques électroniques investira le Parc des Expositions Paris Nord pour deux nuits d’Halloween...