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    Larry Crockett & The Funky Cherokees – Concert au Réservoir

    Solène Chaillat 1 mars 2018
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    Comme le reconnaît Larry Crockett lui-même : « Être batteur suppose un engagement artis- tique certain et beaucoup d’humilité ». Au fil des décennies, cet impeccable et subtil rythmi- cien a démontré sa valeur aux côtés des grandes figures de la Soul-Music, du Blues, de la Pop, du Funk, du Gospel. En compagnie de Martha Reeves, Liz McComb, Sam Moore, Eric Bibb, et tant d’autres, son ingénieuse et discrète virtuosité a donné de l’éclat aux oeuvres de ses contemporains. Instrumentiste aguerri, Larry Crockett s’est illustré dans des contextes sonores très différents en parvenant toujours à insuffler une musicalité et un tempo profon- dément enracinés dans la culture afro- américaine.

    Son nouvel album, « Drum Love » », est le fruit de ces expériences passées et de son che- minement personnel dans les méandres d’une destinée riche et palpitante. Larry Crockett l’envisage comme « un écho de son aventure musicale ». Dire combien la batterie a modelé son existence, réaffirmer son désir de transmettre une parole positive, apporter un réconfort spirituel à travers son répertoire, toutes ces résolutions sont devenues essentielles pour ce musicien cinquantenaire qui a connu les soubresauts d’une société américaine embourbée dans ses contradictions.

    Né à Long Branch dans le New Jersey en 1963, sa prime jeunesse est chahutée par la violence d’une époque troublée et l’élan de liberté créative incarnée par les Miles Davis, Jimi Hendrix, Janis Joplin, Mahavishnu Orchestra, James Brown… La fronde sociale des noirs d’Amérique percute le bouillonnement artistique des icônes d’alors. Ce cocktail explosif frappe l’esprit vif du petit Larry Crockett qui, très tôt, montre un goût immodéré pour la pulsation musicale d’une vie trépidante.

    Lorsqu’à l’adolescence, il déploie tout son talent devant son professeur Michael Carvin (Bat- teur de Dizzy Gillespie et de Freddie Hubbard), son épopée ne fait que commencer. Il séduit rapidement ses aînés et bientôt les accompagne sur scène ou en studio. Il réalise alors com- bien son image n’est pas seulement celle du métronome. Son rôle est de servir et d’épauler les solistes. Son amour pour la batterie n’est plus uniquement instrumental, il est guidé par son désir de soutenir ses partenaires, de rendre leur prestation tellement naturelle qu’ils en oublieraient presque le pilier de l’orchestre : Larry Crockett.

    C’est finalement cette délicate direction artistique qui façonnera son statut de leader. Avec « Drum Love », son troisième album personnel, Larry Crockett veut franchir une étape sup- plémentaire. Il est désormais un artiste complet, multidisciplinaire, compositeur, chef d’or- chestre, batteur, et… chanteur. Un sacré challenge pour celui qui, jusqu’alors, appréhendait la dimension mélodique d’une chanson derrière ses fûts, ses toms et ses cymbales. Encore très modeste quant à ses réelles qualités vocales, Larry Crockett « entraîne sa voix » dit-il, et joue parfois avec les nuances du Slam pour dessiner les contours de son interprétation.

    L’enjeu est de taille… Larry Crockett veut livrer sa vérité, raconter son histoire, et imprimer une étincelante tonalité Soul/Funk. Il croit en l’authenticité d’un discours. « La musique m’a permis de rester sur le droit chemin, de rester positif. Quand, jadis, blancs et noirs s’affron- taient dans la rue, je me concentrais sur mes cours de batterie. Pour moi, l’amour n’a pas de couleur, la musique n’a pas de couleur, je n’ai jamais considéré que la couleur de la peau était un sujet de division ! Il y avait tellement de violence dans la société que j’ai choisi de suivre le chemin inverse ».

    « Drum Love » est le coeur battant de l’entente universelle, semble marteler Larry Crockett.

    C’est, en tout cas, une louable intention qui ne pouvait qu’épouser les aspirations d’un homme généreux, déterminé, altruiste et sincère.

    [ Source : communiqué de presse ]

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