Les 5 expositions phare de la rentrée
L’automne est riche de nouvelles expositions qui font événement.
Picasso : omniprésent
Pas une année sans Picasso ! C’est même carrément une double actualité à Paris pour le maître catalan : le Musée Picasso s’interroge sur ce qu’était pour lui un chef-d’œuvre, en explorant les coulisses et sa vie privée, tandis que le Musée d’Orsay se concentre sur ses œuvres de jeunesse, des portraits cafardeux de la période bleue aux pâles figures de la période rose. Passionnant, car on n’en a pas fini de sonder le miracle Picasso !

Picasso, Autoportrait (détail), 1901 © Collection Musée Picasso, Paris
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Picasso. Chefs-d’œuvre !, Musée Picasso, jusqu’au 13 janvier 2019.
Picasso. Bleu et Rose, Musée d’Orsay, jusqu’au 6 janvier 2019.
Complètement Miró !
Au contraire, il aura fallu attendre 44 ans, pour revoir Miró à l’honneur au Grand Palais. Dans cette magnifique rétrospective, 150 œuvres, dont certaines inédites, sont rassemblées, de 1916 à sa mort, en 1983. Concentrée sur les périodes charnières de l’artiste catalan, du mouvement fauve au surréalisme, la rétrospective retrace 70 ans de créations. Rien que ça !

Dans ce parcours poétique – un véritable écrin –, les couleurs éclatent, ses rêves prennent merveilleusement forme. On y suit l’évolution de son travail et l’on découvre, entre autres, qu’à la fin de sa vie, Miró, dans une approche toujours aussi physique, fait couler la peinture blanche sur des fonds blancs monumentaux. La dernière œuvre de l’exposition, Toile brûlée, en partie lacérée et trouée par le feu, est une toile qui laisse penser à Jean-Michel Basquiat auquel la Fondation Louis Vuitton rend justement hommage.

Joan Miró, Toile brûlée, 1973, Espagne, Barcelone, Fundaciòn Joan Miró © Successió Miró/ Adagp
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Miró, Grand Palais, Galeries nationales (entrée square Jean Perrin), jusqu’au 4 février 2019.
Jean-Michel Basquiat et Egon Schiele
Les deux sont morts à l’aube de leur trente ans : le premier, à 28 ans, d’une overdose, et le second, à 27 ans, d’une grippe espagnole. Leur productivité et surtout leur génie impressionnent.
Inspirés, prolifiques, ils ont marqué l’art par leur talent et leur côté rebelle. Contre l’académisme de son temps, l’Autrichien s’est imposé comme l’un des grands représentants de l’expressionnisme. Quant à Basquiat, c’est un des précurseurs du street art quand il couvre les murs du Lower East Side de New York de l’inscription SAMO (Same old shit, toujours la même merde). Aujourd’hui, sa rage éclabousse les murs blancs de la Fondation Louis Vuitton, car l’Américain a ensuite fait entrer la rue dans son atelier, montrant le New York underground des années 80 et une diaspora jusque-là sous représentée.

Jean-Michel Basquiat, Sans titre, 1981, Collection Eli et Edythe L. Broad © Estate of Jean-Michel Basquiat, Licensed by Arestar, New York © Douglas M. Parker Studio, Los Angeles
Dans des parcours séparés, leurs visions se confrontent. Leurs approches sont diamétralement opposées. Mais cette exposition met remarquablement en lumière la fureur de peindre, viscérale et urgente, de ces deux grands dont le dialogue est ici fécond. On mesure à quel point ils ont pu révolutionner l’art, notamment par l’invention d’un langage totalement inédit, un style original et une puissance d’expression phénoménale.

Egon Schiele, Moa (détail), 1911, collection particulière, Londres © Mathias Kessler
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Egon Schiele et Jean-Michel Basquiat, Fondation Louis Vuitton, jusqu’au 14 janvier 2019.
Giacometti : dialogue entre les sculptures
L’artiste surréaliste, connu pour ses sculptures d’inspiration primitive, est mis à l’honneur au Musée Maillol, avec 50 œuvres de la Fondation Giacometti. Alors qu’une expo vient d’avoir lieu au Musée Picasso (toujours visible jusqu’au 5 novembre), il voit ici ses travaux converser avec de grands sculpteurs classiques, ainsi qu’avec les artistes emblématiques de la modernité. Ainsi, une cinquantaine de ses sculptures côtoient celles, entre autres, de Rodin, Bourdelle, Maillol, Brancusi, Zadkine.

D’un style à l’autre, l’exposition suit un parcours chronologique et thématique. Deux grandes parties structurent le propos. Tout d’abord, ses œuvres de jeunesse sont présentées, puis les sculptures marquant les changements nés de sa rencontre avec les avant-gardes parisiennes autour des années 1925.
Giacometti : Entre tradition et modernité, Musée Maillol, jusqu’au 20 janvier 2019.
À découvrir sur Artistik Rezo : Exposition Giacometti, entre tradition et avant-garde au musée Maillol
Sarah Meneghello
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