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    Le premier jour du reste de la vie de Rémi Bezançon

    Lucile Bellan 5 mars 2019
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    Avec Le Mystère Henri Pick, le réalisateur signe son grand retour. Mais s’il était promis à un avenir étincelant, Rémi Bezançon n’a pas totalement tenu les promesses de ses débuts.

    Ma vie en l’air. C’est le titre du premier film de Rémi Bezançon, mais aussi le descriptif de la façon dont on l’imaginait passer le plus clair de sa carrière. Le réalisateur français avait tout pour rester au sommet, enchaîner les succès populaires et enquiller les César. Tout ne s’est pas exactement passé comme prévu. Pas de catastrophe, juste une certaine difficulté à confirmer pleinement.

    Justement, Ma vie en l’air, c’est par là que tout a commencé. Une comédie romantico-existentielle pas tout à fait comme les autres malgré les apparences, où Gilles Lellouche en parasite de canapé et Vincent Elbaz en antihéros angoissé parvenaient pourtant à composer bien au-delà des clichés. Et c’est Le Premier jour du reste de ta vie, incroyable deuxième long métrage, qui vint confirmer tout cela : en termes de regard sur l’humanité et les relations entre ses membres, il n’y avait pas mieux que Rémi Bezançon, et ça allait durer.

    Et puis, sans doute par volonté de ne pas suivre tout à fait le chemin tracé, Rémi Bezançon a tenté des trucs. Adapter Éliette Abécassis (Un Heureux événement), tenter de s’accomplir dans le cinéma d’animation (Zarafa)… Il y a de l’ambition dans cette succession de projets, mais un certain manque d’éclat dans leur exécution. Sauf que c’est finalement en visant de nouveau le ton de Le Premier jour du reste de ta vie que le réalisateur a connu son plus gros échec. Jamais Nos futurs n’est parvenu à donner un centième du plaisir procuré par Le premier jour…, et ce, malgré les efforts surhumains déployés par Pierre Rochefort et Pio Marmaï.

    Aujourd’hui, c’est avec une adaptation de David Foenkinos que Rémi Bezançon revient aux affaires. L’ensemble est à la fois prenant et classique, mais l’alliance Camille Cottin-Fabrice Luchini fait de véritables étincelles qui ne sont pas dues qu’aux deux interprètes. Rémi Bezançon a retrouvé un certain allant, et c’est extrêmement plaisant à voir. Ne lui reste plus qu’à se trouver désormais des projets plus personnels, lui qui a sans doute dans sa besace mille histoires passionnantes et dix mille personnages adorables.

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