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    Gil Blondel : “Tout est toujours relié par le fait que c’est de l’écriture et que c’est humoristique”

    Juliette Dutranoix 30 avril 2020
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    Gil Blondel s’est fait connaître sur Facebook sous le pseudonyme “Un Faux Graphiste” grâce à ses détournements de bandes dessinées. Rencontre avec un auteur humoristique talentueux. 

    Peux-tu nous expliquer en quoi consiste ton travail ? 

    Ce que je fais avec “Un Faux Graphiste”, c’est du détournement de bandes dessinées et de gravures. J’ai commencé par faire des détournements de Tintin mais j’ai eu des soucis de droits d’auteur avec Moulinsart. Pour ne plus avoir ce souci, j’ai décidé de me tourner vers les bibliothèques de musées qui recèlent de gravures libres de droit. Concrètement ce que je fais, c’est prendre des gravures ou des bandes dessinées et y ajouter des bulles avec des phrases humoristiques.

    Pourquoi avoir choisi le pseudonyme “Un Faux Graphiste” ?

    C’est lié à un cours d’infographie que j’ai suivi à l’école. Je n’ai jamais voulu devenir infographiste. Dans mon travail, l’humour est plus important que la réalisation. À l’époque, je faisais des montages que je trouvais un peu nul et c’est un “jeu de mots” qui m’est venu.

    Quelles sont tes sources d’inspiration ?

    Il y en a pas mal. Celui qui est le plus connu pour faire ce genre de choses c’est Philippe Geluck. Il y a aussi deux suisses, Plonk et Replonk, qui utilisent des vieilles images et les agencent de façon très absurde. Au niveau de l’humour, j’ai toujours adoré rigoler et donc quand j’ai pu essayer de faire rigoler, ça m’a énormément plu.

    Envisages-tu d’en faire ton métier si ce n’est pas déjà le cas ?

    Je n’aurais jamais pensé pouvoir en faire un métier mais petit à petit ça devient le cas. C’est aussi parce que je fais quelque chose que finalement peu de personnes font, alors que ce n’est pas très compliqué, mais c’est particulier et j’ai la chance de pouvoir tenter d’en vivre.

    Quels sont tes projets ?

    J’ai entamé plusieurs projets, en me disant que ce que je fais dans le détournement, c’est de l’écriture. L’écriture, c’est l’élément clé du projet de “L’excessif”, ma seconde page Facebook, où j’écris sur ma vie de façon humoristique. J’ai aussi un projet de BD avec un ami. Une vraie BD où c’est lui qui dessine – Anti Carnet de Voyage. J’ai également lancé des ventes d’éditions signées de détournements qui ont bien marché. Tout est toujours relié par le fait que c’est de l’écriture et que c’est humoristique. C’est ça le point commun, et je ne me vois pas faire autre chose. 

    Pourquoi avoir deux comptes, “Un Faux Graphiste” et “L’excessif” ?

    J’ai décidé de faire deux pages distinctes parce que je sentais que c’était très différent. “Un Faux Graphiste” c’est beaucoup plus universel et il n’y a pas de longs textes. Avec  “L’excessif”, je parle pas mal de ma vie et de choses plus personnelles. C’est un plaisir de raconter des choses pas très intéressantes de ma vie et de les rendre plus “exceptionnelles” grâce à l’humour. Ce sont deux pratiques bien différentes.

    Envisages-tu de substituer petit à petit le format numérique par le format papier ?

    Le format papier, j’y suis passé en 2017. J’ai eu la chance d’être publié par Delcourt (Un Faux Livre) qui est une grosse maison d’édition qui a beaucoup de projets BD plus classiques et qui, à l’époque, pouvait se permettre d’investir dans des choses un peu plus bizarres comme ce que je fais. L’intérêt principal de passer au papier, au-delà du rendu, c’est aussi de gagner sa vie. Sur internet tu ne gagnes rien, Facebook ne te paye pas, et Instagram non plus.

    Peux-tu nous donner plus d’informations sur l’Abécéd’hair Approximatif ?

    L’Abécéd’hair Approximatif que j’ai créé avec Thomas, plus connu sous le nom de Penseur étoile, c’est 120 jeux de mots qui sont illustrés par des gravures anciennes. Les jeux de mots, tout le monde en fait et tout le monde en a fait, donc la difficulté était d’essayer de faire quelques chose qui sorte un peu du lot. Ce livre, on l’autoédite, on fait tout nous-mêmes. Le projet est sur Ulule, une plateforme qui fonctionne grâce à une campagne de financement. Les gens qui participent à la campagne participent à l’édition du livre et l’auront en avant-première.

    Plus d’informations sur la campagne Ulule

    Pages Facebook Un Faux Graphiste et L’excessif

    Propos recueillis par Juliette Dutranoix

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