Thierry Lefort, l’artiste qui capte l’instant
Président de la section Figuration subjective du Salon d’Automne de Paris et Sociétaire de la fondation Taylor, Thierry Lefort est un artiste-peintre reconnu pour sa maîtrise de la peinture à l’huile, et s’exporte également dans la rue. En 2014, il reçoit le Prix des paysagistes au salon des artistes français du Grand Palais. Entretien avec l’artiste.
Qu’est-ce qui vous inspire lors de vos créations ?
Je créé majoritairement mes tableaux dans les rues. Ce qui m’inspire le plus je dirais que c’est la lumière. Par exemple, je peins principalement des vues urbaines en Californie, car c’est une ville qui réserve une lumière très belle et intense. La luminosité permet de distinguer les formes. D’ailleurs, je propose des cours sous forme d’ateliers dans cette ville, ce qui m’autorise à m’y rendre fréquemment.
Avez-vous un format de prédilection lors de la réalisation de vos oeuvres ?
Je peins sur des petits et moyens formats, mais je dirais que les formats carrés sont ceux que j’utilise le plus lors de mes réalisations.

Le Carlton à Cannes, 130×97 cm, huile sur toile
Quel est votre processus de création ?
Il s’effectue sur une observation. Je me balade, je fais des croquis et je regarde ce qui se passe autour de moi à différentes heures de la journée. Les rayons du soleil peuvent donner une vision différente de l’espace et font varier les contrastes. Selon l’instant, un lieu ou un bâtiment m’interpelle plus ou moins en fonction de la luminosité. Ma démarche est plutôt abstraite. Ce qui m’intéresse, ce sont les formes, les valeurs, puis les foncés, les moyens et les clairs que la lumière donne.
Comment expliqueriez-vous votre intérêt pour les vues urbaines ?
Ce sont des espaces qui bougent énormément où la lumière est très changeante. Des éléments comme des voitures, des camions ou toutes choses improbables amènent de la couleur. La lumière prenant une place importante lors de l’élaboration du tableau permet de faire apparaître des couleurs inédites. Je modifie parfois en imaginant aussi des formes. C’est pourquoi, ma peinture est le fruit d’une liberté dans l’exécution des traits.
Utilisez-vous d’autres techniques que la peinture à l’huile ?
Principalement, je fais de la peinture à l’huile, mais aussi de l’acrylique. Je fais beaucoup de feutre, de l’encre et j’aborde également différentes techniques de pastel.
Durant cette période de confinement, vous avez posté en story Instagram une courte explication sur la création des passages à l’huile. En quoi consiste cette démarche ?
S’il l’on prend l’exemple d’une façade où se trouve devant celle-ci un arbre vert, on peut apercevoir que la masse florale se détache de façon très forte du bâtiment. Ainsi, le vert et le blanc se démarquent et laissent apparaître des contours. Mais avec le phénomène de la lumière, l’arbre génère une ombre sur la façade, la masse va donc prendre une certaine valeur foncée ou claire. L’ombre projetée créé alors un passage entre le feuillage et la façade qui engendre, tout deux, la disparition du contour. Par conséquent, le passage figure comme la circulation de la lumière atténuant tout contour. L’arbre et la façade sont finalement deux valeurs côté à côte où la lumière créait un passage entre les deux.
Avez-vous des projets futurs ?
Actuellement, j’expose à Bruxelles, Los Angeles et Taïwan pour des vernissages puis une exposition à Bruxelles est prévue prochainement. De plus, Le Salon d’Automne sur les Champs-Elysées débutera fin octobre 2020 si la conjoncture nous le permettra bien sur.
Découvrez le travail de Thierry Lefort sur son Instagram.
Propos recueillis par Chloé Desvaux
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