0 Shares 3509 Views

Krusty : “Je m’inspire de tout ce qui m’entoure”

10 février 2021
3509 Vues

Krusty, 36 ans, est dessinateur pour des séries d’animation depuis maintenant dix ans. On retrouve sa patte artistique dans les arrière-plans et les décors. Il a travaillé pour Molusco, Vermin ou encore Nawak, une nouvelle série d’animation qui sera diffusée prochainement sur France Télévisions. Également graffeur, les œuvres de l’artiste arpentent les rues.  On vous propose ici de découvrir son portrait.

Quel a été votre parcours professionnel ?

J’ai intégré une école d’arts graphiques à Nantes proposant un cursus dédié au dessin narratif, à la bande dessinée et au dessin animé. Suite à ça, j’ai travaillé pour une agence de publicité. J’ai eu un premier engagement dans un studio d’animation, puis un deuxième, et de fil en aiguille, c’est resté mon activité principale. Aujourd’hui, je travaille dans différents studios comme Xilam, Bobby Prod, Je suis bien Content ou encore Gaumont.

Comment avez-vous commencé le graffiti ?

J’ai découvert le graffiti dans les années 90, j’ai toujours apprécié le visuel de cet art dans l’espace public. J’ai commencé à le pratiquer vers mes 18 ans et pendant mes études d’art. Puis, je me suis consacré à ma carrière professionnelle en tant que dessinateur d’animation mais j’ai toujours gardé un œil sur ce qui se faisait dans le milieu du graff. Cela fait maintenant cinq ans que je pratique le graffiti de manière plus active. Ça me permet d’utiliser d’autres outils et de travailler différemment que numériquement.

Night Stroll, de Krusty

Quel est votre processus de création ?

Dans un premier temps, je fais des croquis, j’essaie de mettre à plat des idées. Puis je trouve l’endroit qui me parle et qui va me servir de support. Quand je suis à l’étranger, je cherche des quartiers vivants où il n’y a pas forcément de visuel, afin d’habiller d’une certaine manière une rue, un bâtiment. J’aime appliquer de belles images dans des endroits désaffectés mais où il y a du passage. Cela m’est arrivé de peindre sur des murs intérieurs donc peu visibles mais j’aime aussi l’idée qu’un lien spécifique se tisse entre l’œuvre et la personne qui tombe dessus par hasard. Je n’utilise pas de pochoirs, tout se fait directement à la bombe.

Quelles sont vos inspirations ? 

Lorsque je pars à l’étranger, je m’inspire de tout ce qui m’entoure pour le retranscrire dans mes pièces. Je me nourris beaucoup de la bande dessinée, de l’illustration et de l’animation. Toutes ces pratiques s’influencent entre elles.

Crusin, de Krusty

Quel message souhaitez-vous passer à travers vos créations ?

Je mets en scène des personnages dans différentes situations. Le but c’est de raconter une petite histoire, de créer des saynètes marrantes et poétiques, qui font écho, et que les gens s’approprient.

Quels sont les artistes que vous appréciez ? 

J’adore les œuvres de Numéro 6 et POPAY du crew PCP. Ce sont des pionniers dans leur style. J’aime également beaucoup Moke et Pozla du collectif GM. Ce sont tous les deux des artistes de talent. Aussi forts en illustration, qu’en animation ou en graffiti. Je pourrais aussi citer d’autres street artistes comme Djob, Jay Bisual et Zeptiror, ou encore Smithe.

Quels sont vos futurs projets ?

J’ai pas mal de projets en cours, dont une exposition en préparation pour l’été 2021 ! En ce moment, je travaille sur une lithographie et un recueil de croquis de voyage. J’ai également un projet de livre d’illustrations et un projet de revue collective de bande dessinée.

Goin’ South, de Krusty

Plus d’informations sur le compte Instagram de Krusty.

Propos recueillis par Chloé Desvaux 

En ce moment

Articles liés

“On purge bébé” : un jeu de massacre conjugal et un fabuleux moment de théâtre
Spectacle
227 vues

“On purge bébé” : un jeu de massacre conjugal et un fabuleux moment de théâtre

Au Théâtre Hébertot, la comédienne et chanteuse Emeline Bayart reprend cette pièce en un acte de Feydeau qu’elle entremêle de chansons grivoises de l’époque du début du 20° siècle. Avec Marc Choupart, Corinne Martin et Manuel Lelièvre, accompagnés du...

“Chiens” ou la liturgie du porno par Lorraine de Sagazan
Spectacle
2063 vues

“Chiens” ou la liturgie du porno par Lorraine de Sagazan

Dans une création chorale, où les cantates de Bach sont magnifiées par des superbes interprètes, Lorraine de Sagazan s’empare de la question de l’exploitation du corps féminin dans l’industrie pornographique, à la lumière d’un procès où seront jugés une...

“T.I.N.A. – There Is No Alternative” : une remise en question de la société au Théâtre Lepic
Agenda
376 vues

“T.I.N.A. – There Is No Alternative” : une remise en question de la société au Théâtre Lepic

L’échec n’est jamais qu’une réussite qui se voile la face (et inversement). Ce spectacle en est la preuve. Dans un souci de communication efficace, il m’a été demandé de résumer mon spectacle. Mais j’en suis incapable. Je suis incapable...