À l’Opéra de Massy, “Cupid and Death”
Cupid and death, la Nature © A Van Wassenhove
Le répertoire baroque recèle bien des surprises artistiques qu’on découvre toujours avec le même plaisir. Sébastien Daucé qui dirige l’ensemble Correspondances, a choisi de ressusciter Cupid and Death opéra – ou plutôt masque – de Christopher Gibbons et Matthew Locke sur un livret de James Shirley.
Le masque est une forme de spectacle vivant particulièrement en vogue dans l’Angleterre du XVIIe siècle, qui mêle chant, théâtre et danse au service d’une intrigue improbable, pour le plus grand bonheur des petits et des grands. Ici, le dieu de l’Amour et la Mort se croisent dans une auberge de la campagne anglaise où un valet facétieux va échanger leurs flèches. S’ensuivra un beau chaos où ceux qui doivent être frappés par l’amour, le seront par la mort et vice-versa. Créé en 1653, Cupid and Death réserve de belles surprises, des rebondissements animés par deux comédiens – formidables Fiamma Bennett et Soufiane Guerraoui – et offre surtout un spectacle vivant et pleins d’humour. Le chant et la comédie sont les deux modes d’expression de l’intrigue à part égale, exigeant des artistes, Nicholas Merryweather – le valet – en tête, d’exceller dans les deux disciplines.

F. Bennett, S Guerraoui et N. Merryweather dans Cupid and Death © A Van Wassenhove
Les musiciens sont sur la scène et non dans la fosse, les décors sont constitués des cadres mobiles déplacés à vue par les artistes, les coulisses sont à l’arrière-plan ce qui donne l’impression d’être non pas dans une salle d’opéra mais d’assister à un spectacle populaire donné sur une estrade de village. Les metteurs en scène Emily Wilson et Jos Houben ont voulu faire un grand spectacle drôle et vivant, et non une reconstitution figée, de manière à conserver l’esprit du masque.

Cupid and death, le Desespoir © A Van Wassenhove
L’intrigue de Cupid and death aurait pu donner lieu à des réflexions sur les conséquences d’inverser amour et mort mais la culture anglo-saxonne privilégie plutôt l’action avec des péripéties dont l’intervention de Mercure messager des dieux en personne, pour amener, tambour battant, les spectateurs vers un happy end. Avec un tel parti pris, ce répertoire n’apparait pas daté mais plutôt bien vivant.
Stéphanie Nègre
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